11 octobre 2026: Première de « Falstaff » de Giuseppe Verdi à l’Opéra de Rome

Après l’exquis ballet tiré du “Songe d’une nuit d’été” du mois de juin dernier, Shakespeare est une fois encore mis à l’honneur à l’Opéra de Rome avec “Falstaff”, le dernier opéra composé par Giuseppe Verdi sous la baguette du directeur musical de la maison, le maestro Michele Mariotti. La Première qui a eu lieu le dimanche 11 octobre 2026 a réuni de nombreuses personnalités de la politique et du Tout-Rome musical et mondain remplissant la salle du Costanzi de conversations de cette rentrée musicale tant attendue, d’autant plus que “Falstaff” fut représenté la dernière fois en janvier 2010, avec la très belle mise en scène du grand Franco Zeffirelli.

Renato Bruson dans « Falstaff », mise en scène de Franco Zeffirelli, janvier 2010

Le livret de l’opéra écrit par Arrigo Boito est largement inspirée de “Les Joyeuses Commères de Windsor” écrit en 1597 mais publié en 1602 par William Shakespeare, qui relate avec humour les manoeuvres d’un vieil homme libidineux et vénal, Falstaff tentant de séduire deux femmes fortunées pour renflouer ses finances déficitaires. D’intrigues en mensonges, de lettres d’amour identiques envoyées au deux Ladies aux farces sophistiquées la nuit dans la forêt de Windsor, Shakespeare nous entraîne dans un tourbillon de situations burlesques et tarabiscotées qui finissent par l’union de deux jeunes amoureux, beaux et bien faits et par la punition puis le pardon de Falstaff par tous celles et ceux qui lui ont donné une leçon de vie sans le juger moralement. Boito, en revanche, propose une version plus incisive qui mène le public à travers les péripéties comiques de l’opéra vers un dénouement plus philosophique

L’orchestration du chef-d’oeuvre de Verdi créée par Mariotti nous invite à réinventer notre écoute pour nous reporter à cette période de transition que fut la dernière décennie du XIXème siècle vers l’avènement du XXème avec des sonorités toutes en devenir, des cuivres aux accents profonds, des cordes qui s’abandonnent à une espièglerie lascive accompagnés de percussions qui battent des temps nouveaux, qui annoncent en précurseurs les recherches des grands musiciens parisiens de ce que sera la Belle Epoque.

Michele Mariotti, photographié par Victor Santiago

Une belle réussite musicale, encouragée et soutenue avec ferveur par Francesco Giambrone, le Surintendant qui renouvelle la programmation de l’Opéra de Rome avec audace et témérité en confiant la mise en scène à Tatjana Gürbaca, Allemande d’origine turque et solvène, dont le style, profondément marqué par une influence intense du néoréalisme d’Outre-Rhin n’a guère convaincu le public romain. En revanche, la compagnie des cantatrices et chanteurs sélectionnés avec soin fut chaleureusement applaudie à l’issue de la représentation. En premier, le grand Luca Salsi qui a régalé les spectateurs avec un Falstaff puissant, drôle et efficace, chanté avec naturel et un grand respect de la musique de Verdi.

Luca Salsi, photographié par Marco Borrelli

Idem pour George Petean dans le rôle de Ford, une voix équilibrée et délicatement structurée malgré un survêtement de tennis sans aucun rapport avec l’histoire… Fenton (Dave Monaco) s’en sort bien vocalement malgré un physique qui ne correspond pas vraiment à la beauté décrite par Shakespeare. Paolo Antognetti (Bardolfo) et Gabriele Sagona (Pistola) sont parfaits aussi bien pour la voix que pour le jeu scénique.

Falstaff 2026_Carlo Bosi (dottor Cajus), Gabriele Sagona (Pistola), George Petean (Ford)_©Fabrizio Sansoni-Teatro dell_Opera

Une mention particulière pour les quatre cantatrices: Maria Agresta (Alice Ford) aussi belle que mélodieuse nous offre une interprétation sensuelle, espiègle et coquine de ce personnage central dans la trame de l’opéra.

Falstaff 2026_Maria Agresta (Mrs. Alice Ford)_©Fabrizio Sansoni-Teatro dell_Opera di Roma

Son amie Quickly (Violetta Urmana) une présence affirmée malgré une grande carence de la mise en scène qui n’a pas du tout su rendre les nuances de l’ironie et de l’humour incarnées par cette commère de Windsor, féroce et sans pitié chez Shakespeare. Carmen Artaza (Meg Page) et Marina Monzò (Nannetta) donnent le meilleur d’elles-mêmes avec bonheur en donnant fraîcheur et délicatesse aux deux jeunes filles qui rêvent du parfait amour.

Choeur de l’Opéra de Rome toujours aussi compétent, avec un grand sens de l’harmonie, préparé et magistralement dirigé par Ciro Visco.

Laissons la conclusion à l’opéra:

«Tutto nel mondo è burla.

L’uom è nato burlone,

La fede in cor gli ciurla,

Gli ciurla la ragione.

Tutti gabbati! Irride

L’un l’altro ogni mortal.

Ma ride ben chi ride

La risata final.»

Le bon sens populaire en retiendra le fameux adage “Rira bien qui rira le dernier!”

« Grandi volti per la Prima di Falstaff » un articolo di Lucilla Quaglia ne « Il Messaggero » del 12 ottobre 2026
Cosimo Manicone, Natasha Nyanin et Sisowath Ravivaddhana Monipong

15 septembre 2026: la Première de « Les noces de Figaro » à l’Opéra de Rome: Un enchantement musical.

Pour cette rentrée de Septembre 2026, l’Opéra de Rome et son brillant Surintendant Francesco Giambrone nous offre une nouvelle fois une première absolue en Italie: “Les noces de Figaro” de Wolfgang Amadeus Mozart dans une mise en scène conçue par Claus Guth pour le Festival de Salzbourg en 2006 avec sur le podium le jeune chef d’orchestre d’origine arménienne Emmanuel Tjeknavorian. Après cet été torride, le public romain a retrouvé avec grand plaisir la fraîcheur du Théâtre Costanzi et la salle était comble pour cette Première fort attendue. L’orchestration a restitué le chef-d’oeuvre de Mozart avec grande justesse, délicatesse et cadences parfaitement comprises et partagées avec émotion par la jeunesse fougueuse de Tjeknavorian qui nous transmet également avec brio son respect absolu de la partition. La mise en scène dans un décor statique d’une cage d’escalier de ce qui serait un palais comtale autrichien, conçue par Christian Schmidt est l’écho parfait de la sobriété des costumes voulues par le même artiste: noir et blanc avec quelques nuances de gris, d’une austérité en vogue il y a vingt ans, mais un peu passé de mode aujourd’hui! Les lumières succintes de Olaf Winter et les mouvements chorégraphiques de Ramses Sigl appartiennent à la même école de simplicité sophistiquée, peut-être excessive, avec le dessein implicite de donner la priorité à l’expression musicale , car pour le plus grand bonheur des spectateurs et des auditeurs de Radio Rai3, la compagnie des chanteurs et cantatrices était de très grande qualité. Honneur aux dames et comment ne pas tomber sous le charme incandescent de la belle Susanna (Martina Russomanno) dont la présence scénique et la voix cristalline nous ont ravis du début à la fin, entre mille espiègleries, pleines de cette ironie irrévérencieuse qui caractérise son personnage.

Martina Russomanno (Susanna)_Erwin Schrott (Figaro)

La Comtesse incarnée avec grâce et sensibilité par Roberta Mantegna nous a émus par sa douloureuse langueur et son désir de regagner les faveurs de son frivole époux. Marcellina (une solide et professionnelle Monica Bacelli) donne la réplique à Don Bartolo (un vénérable Roberto Scandiuzzi) en fauteuil roulant désormais au crépuscule de son existence. Chérubino qui prend ici les traits de la jeune Elmina Hasan est l’objet du désir de toutes ces dames et l’expression explicite d’une sensualité fougueuse et insatiable, très à l’aise dans les airs que le public attend de lui. Figaro, le sémillant et séduisant Erwin Schrott, ravit le public à chacune de ses apparitions et brille de tous ses feux dans ses interventions pleines de verve et d’esprit. Almaviva interprété par German Olvéra est parfaitement à l’unisson de la mise en scène sobre et peu encline au développement des intrigues à la Beaumarchais alors que le jeune Alejo Alvarez Castillo (du projet Fabbrica) nous offre un dynamique Antonio avec une voix puissante, très prometteuse dans un futur proche. Une mention spéciale enfin pour Don Basilio (un Marcello Nardis très en forme vocalement) et pour Don Curzio qui est ici aveugle, affublé de lunettes en verres foncés, interprété avec humour et élégance par le jeune et beau Blagoj Nacoski. “Last but not least”, la remarquable performance de la délicieuse Jessica Ricci (du projet Fabbrica) qui nous offre une Barbarina coquine et quasi ingénue…jusqu’au moment où elle perd…une épingle à cheveux au début du quatrième acte! Le choeur de l’Opéra de Rome toujours excellent sous la direction du maestro Ciro Visco.

Alejo Alvarez Castillo (Antonio) Erwin Schrott (Figaro) Germán Olvera (Conte di Almaviva)

L’introduction du personnage de Cherubim, une sorte de double de Cherubino qui tirerait les ficelles des intrigues amoureuses en distribuant les pommes de la discorde et les plumes de l’érotisme est une invention drammaturgique intéressante mais c’est un rôle qui aurait pu être revisité par un danseur plus en ligne avec l’âge de son personnage au lieu de rappeler le créateur du personnage, Uli Kirsch qui avait vingt-huit ans en 2006. La volonté de mettre au premier plan la musique de Mozart et ses virtuoses palinodies est pleinement assouvie avec quelques regrets pour une monotonie chromatique qui tourbillonne mélancoliquement devant nos yeux de mélomanes…mais n’est-ce pas là où voulait nous emmener cette “Folle journée” pour nous rappeler que le mariage de Figaro, personnage haut en couleurs, le portera à cacher ses fantaisies derrière une façade en noir et blanc?

Rome, 15 septembre 2026

Photo credits: Fabrizio Sansoni pour l’Opéra de Rome

Germán Olvera (Conte di Almaviva) Uli Kirsch (Mimo attore)
Roberta Mantegna (Contessa di Almaviva) Elmina Hasan (Cherubino) Martina Russomanno (Susanna)
Le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong avec Madame Marisela Federici et Monsieur Cosimo Manicone, directeur de la communication de l’Opéra de Rome
Accueillis avec chaleur par le Surintendant de l’Opéra de Rome, Francesco Giambrone en compagnie du marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini
« Su il sipario all’Opera con il genio di Mozart » un articolo di Lucilla Quaglia ne « Il Messaggero » del 16 settembre 2026

Carmina Burana et Turandot : Les Étoiles du Festival de Vérone 2026

Le Festival de Vérone est toujours un événement mémorable, qui donne la joie au public de connaisseurs ou de néophytes de se retrouver dans une ville remarquable par sa beauté architecturale, sa gastronomie recherchée et, bien évidemment, l’assurance d’assister à des spectacles grandioses dans le cadre historique de ces arènes imposantes où se sont succédées depuis sa construction au premier siècle de l’ère chrétienne de multiples joutes équestres, des “corridas à l’italienne”, et depuis 1913, à l’occasion du centenaire de la naissance de Giuseppe Verdi, les grands opéras en plein air aux mises en scènes prestigieuses. La France a d’ailleurs joué un rôle important dans la renaissance du monument car en 1805, Napoléon Ier fit débloquer des fonds publics pour sa restauration, qui fut alors confiée à un architecte italien de renom, Luigi Trezza. Outre la splendeur imposante des Arènes de Vérone, le festival lyrique, sous la houlette de Cecilia Gasdia depuis 2018, surintendante, soprano de renom international et directrice artistique de la Fondation Arena di Verona, a proposé un programme à la fois moderne et traditionnel en suivant les goûts d’un public amateur de grande musique, qui va aux Arènes pour assister à un grand moment d’art et de musique dans un environnement unique au monde.

“Carmina Burana” de Carl Orff est une oeuvre souvent qualifiée de “cantate scénique, inspirée des poèmes médiévaux trouvés dans un manuscrit de Benediktbeuern”. La version excellente qui a été donnée à Vérone le 13 août 2026 sous la direction de l’immense chef d’orchestre James Conlon (dirigeant les “Carmina” pour la première fois) a vu la participation exceptionnelle de Carlo Vistoli (jeune et beau contre-ténor, dont la renommée internationale a été plébiscitée depuis toujours par le public français et italien) à cette composition étonnante de la musique dite “monumentale” qui alterne rythmes primitifs avec des chants mélodiques adaptés des ballades gaillardes en bas latin, typiques des “escholiers” médiévaux sous l’emprise de l’alcool et des hormones de la jeunesse.

Erin Morley, Vérone, 2026

En compagnie de la soprano Erin Morley et du baryton Mihai Damian, Carlo Vistoli a offert au public de Vérone une variation originale de cette suite de chants éclectiques au rythmes saccadés, presque militaires, dont l’élégance de l’interprétation chantée et la grâce de l’orchestration magistrale en ont surpris plus d’un en ce lendemain d’éclipse solaire.

Carlo Vistoli, 13 aout 2026

Peut-être est-ce la raison pour laquelle ce spectacle en particulier est devenu une magie fascinante de sons et lumières, notamment grâce aux effets de lasers et couleurs brillantes de Paolo Mazzon qui a littéralement enchanté les spectateurs pendant 70 minutes. Les choeurs de la Fondation de Vérone sous la direction du maestro Roberto Gabbiani ont donné le meilleur d’eux-mêmes et c’est sans surprise que la représentation se clotûra sous un déluge d’applaudissements enthousiastes, particulièrement chaleureux de la part du public essentiellement d’origine germanique. “O fortuna” fut le “bis” choisi, une fois encore sans surprise. La soirée se poursuivit tard dans la nuit pour la compagnie des chanteurs, qui, forts de l’atmosphère allègre de leur succès estival, ont fêté dignement l’anniversaire de Vistoli à la terrasse du restaurant Vittorio Emanuele de Piazza Brà, où le contre-ténor a retrouvé sa grande amie, la soprano Arianna Bartoli qui ont alors entonné un extrait de “Sémiramis” de Gioachino Rossini, en improvisant un “boeuf” comme l’on dit à Paris, pour le plus grand plaisir des badauds et touristes, encore nombreux à cette heure de la nuit.

Turandot, Verona, 2026

Le lendemain, 14 août, fut un autre anniversaire, celui de Cecilia Gasdia et la programmation du Festival a voulu que ce jour de fête soit placé sous les augures du grand Giacomo Puccini avec sa dernière oeuvre “Turandot”, qui fut achevée par Franco Alfano en 1924, dans la merveilleuse mise en scène du mythique Franco Zeffirelli, sous la direction élégante du maestro Andrea Battistoni. Le rideau de scène est ici remplacé par un immense paravent déplié où se déploient des dragons dorés en une immense chevauchée fantastique qui s’ouvriront seulement au deuxième acte pour laisser la place à la munificence éclatante de la reconstitution du Palais Impérial de Pékin où la terrible Princesse (sublime Anna Pirozzi) lancera l’épreuve des trois énigmes que résoudra sans problème aucun le prince tartare Calaf (héroïque et puissant Yusif Eyvazov), non sans causer le trépas tragique de l’esclave Liù, interprétée ici par la délicieuse Lisette Oropesa, à ses débuts dans ce rôle difficile, dont elle se sort avec honneur, surtout au moment déchirant de la mort. Michele Pertusi, historique Timur, donne à l’ensemble de l’opéra la sagesse de son expérience scénique tout en maintenant un niveau interprétatif tout à fait remarquable. De nombreux spectateurs asiatiques n’auront pas manqué de noter l’inclusion de la chanson traditionnelle “Moly Hoa”au moment de l’invocation à la lune par le choeur des enfants mais également la faute impardonnable d’avoir habillé Ping de couleur jaune, couleur exclusivement et uniquement réservé à l’Empereur, le Fils du Ciel. Une mention spéciale pour Pang (raffiné Saverio Fiore) qui a su tirer son épingle du jeu par un chant précis et mélodieux et une présence scénique espiègle et sobre à la fois.

Yusif Eyvazov et Ping, Pong et Pang
Anna Pirozzi

Cette version de “Turandot” est chère à mon coeur car fut une grande source d’inspiration pour les deux “Turandot” auxquelles j’ai participé en tant que dramaturge en Turquie et aux Philippines en 2018, 2019 et 2022 sous la supervision du maestro Vincenzo Grisostomi Travaglini, admirateur sincère et très proche collaborateur du grand Zeffirelli.

Turandot, Manille, 2022

Turandot à Manille en décembre 2022 qui prit les traits de la Reine des Naga avec son long manteau rebrodé d’argent au moment de la mort de Liù et la danse des pétales de fleurs au moment de la victoire de Calaf, lointain écho de l’interprétation féérique de la Danse de la cueillette du thé par la Princesse Norodom Buppha Devi et du Ballet Royal du Cambodge à l’occasion d’une des visites officielle de Zhou En Lai à Phnom Penh dans les année 1960. Souvenirs et émotions pour cet été 2026, dans la chaleur torride caractéristique des années du Cheval de Feu.

Sisowath Ravivaddhana Monipong et Vincenzo Grisostomi Travaglini, Ankara 2018
Turandot, Ankara 2018
Turandot, Manille, 2022

Live Opera to return to CCP stage with ‘Turandot’ | The Final Word

‘Turandot’ in Manila: Prince Ravivaddhana Monipong Sisowath | ABS-CBN Metro.Style

Franco Zeffirelli et Vincenzo Grisostomi Travaglini, Tokyo, 1998
Sisowath Ravivaddhana Monipong, Arènes de Vérone, 14 aout 2026

Festival de Macerata 2026: triomphe de Nabucco et découverte de nouveaux talents

Chaque été, la ville de Macerata dans les Marches en Italie devient une destination privilégiée pour de un nombre croissant de mélomanes à l’occasion du célèbre Macerata Opera Festival (M.O.F.) 2026 qui célèbre cette année sa soixante-deuxième édition avec trois titres d’exception: “Le Trouvère” et “Nabucco” de Giuseppe Verdi et “Le Barbier de Séville” de Gioachino Rossini, avec une exécution unique de “Carmina Burana” le 7 août. La Surintendante Lucia Chiatti avec son jeune et dynamique directeur artistique, Marco Vinco ont choisi ce programme attrayant en tenant compte de l’affluence d’une partie du public de plus en plus jeune qui complète avec bonheur les habitués de cet événement dont la renommée a depuis lontemps dépassé les frontières de l’Italie.

La serata dei Sindaci del Cratere 31 Luglio 2026


“Le Trouvère” de Giuseppe Verdi a rencontré diverses vicissitudes avec deux changements importants: Piero Pretti, à qui le rôle de Manrico ne porte décisément pas bonheur puisqu’il avait déjà dû y renoncer en 2016 dans les mêmes circonstances et Marta Torbidoni (une gloire locale tant aimée à Macerata, non seulement pour son talent mais également en raison de ses origines familiales dans la voisine province d’Ancône) pour le rôle de Leonora.

Haiyang Guo

Ces deux chanteurs ont été remplacés au pied levé par deux jeunes talents de l’art lyrique: Haiyang Guo, ténor chinois à la voix puissante et sûre, avec quelques difficultés à articuler quelquefois, un défaut malheureusement caratéristique des chanteurs étrangers qui ne comprennent pas toujours ce qu’ils chantent, et la jeune et talentueuse Martina Gresia, qui fut décidément le diamant de cette production: appelé au dernier moment pour remplacer la Torbidoni, elle a immédiatement conquis le coeur du public par la grâce et la profondeur de sa voix cristalline et limpide qui a affronté avec élégance les difficultés immenses du rôle de Leonora tout en lui donnant une personnalité unique par sa présence scénique incroyablement intense, étant donné son jeune âge. Décidément, une voix à suivre…

Martina Gresia
Con Martina Gresia 31 Luglio 2026

Le Comte de Luna est incarné par le baryton Vito Priante, valeur sûre qui a brillé par son assurance et sa capacité à faire le lien entre les divers moments de cet opéra compliqué en maintenant très haut le niveau.

Vito Priante

Ce “Trouvère” malgré les sonorités désuètes, probablement voulues par le chef d’orchestre Dmitri Jurowski, héritier d’une dynastie de musiciens russes qui fait preuve ici d’un classicisme intéressant (par exemple lorqu’il porte Guo à entonner le second final “Son io dal Ciel disceso” qui est exécuté très rarement depus les cinquante dernières années) fut malheureusement desservi par cette vision volontairement “dark” dont l’obscurité finit par lasser (lumières de Bruno Poet), un décor qui existe seulement par deux grandes tables immenses et une tour-bûcher qui donne lieu à des jeux pyrotechniques sans grand relief et des costumes d’une banalité cohérente (Louis Désiré) avec le concept global voulu par Francisco Negrin et Angela Kleopatra Saroglou, les deux metteurs en scène qui ont réussi à anéantir la magie romantique de la trame originale de Antonio García Gutiérrez, adaptée par Salvadore Cammarano et Leone Emanuele Bardare en 1852 pour l’opéra de Verdi.


Verdi toujours pour “Nabucco”… avec un grand chef d’orchestre, précis et grandiose, Fabrizio Maria Carminati et un grand metteur en scène international, Paul-Emile Fourny pour cette création inaugurale de la soixante-deuxième édition du M.O.F. qui propose une relecture aux variations “punk des années 1980” du mythe biblique qui relance le processus créatif autour de cette oeuvre de jeunesse devenue mythique dans l’imaginaire collectif avec le célébrissime “Va pensiero” ou “Choeur des Esclaves”.

Ariunbaatar Ganbaatar

Pour le rôle-titre, le baryton mongol Ariunbaatar Ganbaatar, impressionnant Nabuchodonosor aux accents ténébreux et à la parfaite prononciation italienne, a donné notamment une ampleur grandiloquente et une sensibilité particulièrement ressentie dans les moments de folie du monarque babylonien. La jeune et jolie Arianna Bartoli a littéralement enchanté le public par les couleurs de sa voix exceptionnellement agile, qui nous transporte dans son interprétation naturellement virtuose et férocement lascive d’une Abigaille en proie aux doutes et aux remords avant de mourir sublimement. Zaccaria interprété pour la première fois sur scène par Alberto Comes a suscité émotion et appréciation parmi les connaisseurs et le sémillant ténor Alessandro Scotto di Luzio a prêté son charme et sa prestance à Ismaele le rendant ainsi particulièrement attachant et troublant dans les désirs qu’il suscite chez Abigaille et l’amour vrai dans les bras de la douce et pure Fenena (touchante Laura Verrecchia). Applaudissements et enthousiasme chaleureux du public sous le charme!

Con Alessandro Scoto Di Luzio 1 agosto 2026
Alessandro Scotto Di Luzio et Arianna Bartoli
Con Arianna Bartoli 1 Agosto 2026
Con Fabrizio Maria Carminati 1 Agosto 2026

“Last but not least”, “Le Barbier de Séville” de Gioachino Rossini… Une proposition rafraîchissante et pleine de gaieté et de bonne humeur pour cette version coquine de ce joyau du compositeur, cher au coeur des Marchisans… mais gare au dicton “Nul n’est prophète en son pays”. Selon les spectateurs “bien pensant” de la bourgeoisie locale, les originalités de la mise en scène de Daniele Menghini qui a transposé l’action dans un studio de cinéma avec des costumes pailletés (ou non) dans les tons roses, mauves et violets seraient “déplacées” pour ce chef-d’oeuvre du répertoire lyrique international.

Le public de Macerata a exactement décidé le contraire et a accueilli avec chaleur et allégresse cette revisitation pleine de surprises visuelles: l’esprit de Pierre Caron de Beaumarchais est authentiquement respecté dans les allusions scéniques à la mode libertine de la fin du XVIIIème siècle et l’humour grivois du Barbier est salué avec intelligence et brio par Daniele Menghini et son équipe créative. Le chef d’orchestre Gianluca Martinenghi, lui aussi a déclaré forfait et c’est le maestro Jacopo Brusa, jeune prodige de la musique, qui nous offre ici une vision fluide et harmonieuse de la fameuse composition de Rossini en y ajoutant son enthousiasme tout en respectant les délicats équilibres entre orchestre et chants dans cet environnement si particulier du Sferisterio de Macerata. Le résultat est époustouflant et les applaudissements résonnèrent tout le long du “Barbier” avec une intensité crescendo jusqu’à la fin.

Le Comte d’Almaviva (altier et puissant Ruzil Gatin), Don Bartolo (facétieux et virtuose Marco Filippo Romano) donnent la réplique à une Rosina espiègle et sexy interprétée avec une verve dévergondée par Raffaella Lupinacci et une fabuleuse Berta (Giulia Mazzola) qui a su émouvoir et amuser le public avec les qualités d’une voix très intéressante. Figaro, brillant et malicieux Grisha Martirosyan, a hypnotisé le public par son interprétation dynamique et naturellement désinvolte d’un rôle aux nombreuses difficultés, toutes surmontées avec brio et ingéniosité.

Dans toute production, il est un chanteur qui tire particulièrement son épingle du jeu et cette fois-ci, c’est Riccardo Fassi avec son interprétation magnifique d’un Don Basilio à l’orientation fluide déclarée qui nous offre une version toute personnelle de “La calunnia” et qui, par son sourire ravageur et sa voix profonde et grave, nous donne ici la preuve qu’un basse peut séduire la majorité du public non seulement par ses qualités vocales mais aussi par un “physique du rôle” qui dépasse largement les nécessités du livret.

Con Riccardo Fassi 2 agosto 2026


Cette soixante-deuxième édition du Macerata Opera Festival est donc un grand succès populaire avec un public de plus en plus nombreux et de plus en plus jeune, qui, malgré les conditions climatiques caniculaires, n’a pas hésité un instant à remplir les gradins historiques du Sferisterio en rendant hommage à l’esprit innovateur et aux choix originaux d’une direction artistique à la pointe de la création lyrique, toujours avec cette ponte d’humour si chère aux coeurs de ce beau pays que sont les Marches ! Une mention spéciale à l’Orchestra Filarmonica Marchigiana et aux membres du Choeur du Festival, sous la direction du maestro Christian Starinieri qui ont maintenu une qualité musicale remarquable et une constance professionnelle admirable.

Con Vincenzo Grisostomi Travaglini prima del « Barbiere di Siviglia », Macerata 2 agosto 2026

Eltiq Daily Welfare: Una serata di beneficienza all’insegna dell’inclusione sociale

Roma, 27 giugno 2026

Nel Complesso Monumentale di Santo Spirito in Sassia si è tenuta la serata di beneficenza « Nessuno si salva da solo »: Eltiq Daily Welfare, promotrice di questa importante iniziativa è una società di mutuo soccorso no profit sintesi di 15 anni di ricerca e sviluppo per l’efficientamento dei modelli organizzativi della pubblica amministrazione ed in particolare di quelli votati all’erogazione di servizi sanitari e del miglioramento delle condizioni di vita della persona. Il fondatore e Presidente Dottor Biagio Simonetti ha collaborato con diversi enti locali e ministeri, sviluppando sistemi gestionali innovativi che hanno contribuito all’efficientamento delle politiche di welfare. Impegnato nella realizzazione di un progetto filantropico di sostegno alle fragilità, accoglienza ed integrazione, oggi presenta il suo libro sull’immigrazione: “Ero Forestiero” scritto con Padre Alfonso Bruno. Biagio Simonetti, che ha voluto fortemente la realizzazione di questo evento benefico, ha riunito le più alte competenze istituzionali per concretizzare una soluzione che si propone quale fattivo contributo a sostegno delle politiche migratorie, tema considerato un problema, anziché essere interpretato quale risorsa.

Sisowath Ravivaddhana Monipong, Biagio Simonetti e Giuseppe Gambardella

I Frati Francescani dell’Immacolata sono un istituto religioso fondata da padre Stefano Maria Manelli O.F.M. Conv. nel 1970, dopo aver approfondito le Fonti Francescane e gli scritti di San Massimiliano Maria Kolbe. Il carisma dell’Istituto è francescano-mariano, e consiste nel vivere il francescanesimo alla luce dell’Immacolata secondo la Regola bollata di San Francesco d’Assisi e la Traccia mariana di vita francescana, con un nuovo voto religioso, principale e costitutivo, il « voto mariano » della consacrazione illimitata all’Immacolata, emesso nella professione religiosa, insieme agli altri tre voti di obbedienza, povertà e castità. Lo zelo per la salvezza delle anime impegna l’istituto religioso in virtù dell’illimitatezza del voto mariano, anche nell’attività missionaria “ad gentes”, in territori di prima evangelizzazione e in paesi in via di sviluppo, tra questi le Filippine, la Nigeria, il Brasile ed il Benin, missione alla quale l’impegno di questa serata è devoluto.

Padre Alfonso M. Bruno e Sisowath Ravivaddhana Monipong

L’importanza di questo convegno ha attirato l’attenzione anche di Sua Eminenza Reverendissima Mons. Gian Carlo Perego, Arcivescovo di Ferrara-Comacchio – Già Presidente della Fondazione Migrantes e Presidente della Commissione Episcopale per le migrazioni della CEI che ha scritto la prefazione al libro “Ero forestiero”. Il Cardinale Perego avrebbe voluto partecipare personalmente, ma impegni istituzionali inderogabili legati al Concistoro in corso, non gli consentono di condividere questo particolare momento in presenza. Per questo motivo, pur di non mancare, ha inviato un video messaggio, dove ribadisce il suo apprezzamento per l’iniziativa voluta dal Dottor Simonetti.

Sua Eminenza Reverendissima Mons. Gian Carlo Perego, Arcivescovo di Ferrara-Comacchio

Il principe Sisowath Ravivaddhana Monipong della Cambogia, che è stato Giovane Esperto Associato del Programma Alimentare Mondiale delle Nazioni Unite in Benin dal 2000 al 2002, è stato invitato a porgere i saluti istituzionali alla prestigiosa assemblea presente, dove il generale Giuseppe Morabito sedeva accanto al marchese Vincenzo Grisostomi Travaglini in compagnia del dottor Carlo Maria Bruti del Ministero della Cultura e della giovane Anna Cima in un vestito di mousseline di colore lampone. Si notava inoltre la presenza del principe Guglielmo Giovanelli Marconi, accompagnato dall’elegante console onorario della Georgia Michaela Reinero in un vestito fiorito in stile Laura Ashley, che era immerso in vivace conversazione con il barone e la baronessa Graziano e Giulia Paventi di San Bonaventura, appena tornati da un incontro con il cardinale Salvatore Di Giorgi a margine del Concistoro attualmente in corso in Vaticano. Ad arrivare dalla protomoteca, la giornalista Lucilla Quaglia del Messaggero, in un elegante mise verde smeraldo con il marito, Dottor Luigi Mastrogiacomo, impeccabile in abito scuro. Il principe Sisowath ha ricordato l’amicizia pluridecennale che lo lega al dottor Biagio Simonetti e si è congratulato per questa iniziativa che consentirà a una trentina di bambini del Benin di beneficiare di un’assicurazione sanitaria completa per un anno. La prossima iniziativa di Eltiq daily Welfare avrà come oggetto un’azione a favore dei bambini della Cambogia.

Sisowath Ravivaddhana Monipong, Biagio Simonetti e Giuseppe Gambardella

Il Console del Benin a Napoli, Giuseppe Gambardella ha condiviso con entusiasma la sua esperienza nel Paese dei Re d’Abomey (citato dal Général de Gaulle come il “Quartiere Latino dell’Africa dell’Ovest”) raccontandoci contesto, dinamiche e opportunità che spesso non emergono nei dibattiti generali. La sua testimonianza permette di comprendere meglio come si costruiscono relazioni tra istituzioni, comunità e percorsi di collaborazione.

Muharrem Salihu, Biagio Simonetti, Giuseppe Gambardella, Fabio Cassani Pironti e Ertilia Giordano

Al seguito dell’argomento Benin, si sono affrontate le problematiche imposte alla popolazione albanese in Serbia, oggetto di attenzione da parte delle corti internazionali dei diritti umani, delle Nazioni Unite e del Senato degli Stati Uniti da due autorevoli relatori: il professor Giuseppe Paccione, esperto di diritto internazionale, e il Dottor Muharrem Salihu, economista, Filantropo, Presidente Confimprese Venezia profondo conoscitore della realtà balcanica e fu seguita con una particolare attenzione da Lucilla Quaglia, giornalista e figlia del celebre Colonello Quaglia che fu il pilota personale di Yasser Arafat.

Sisowath Ravivaddhana Monipong insieme a Lucilla Quaglia

In conclusione del convegno, il Conte Fabio Cassani Pironti della Segretaria di Stato del Vaticano ha citato le parole del Santo Padre durante il viaggio nelle Isole Canarie, ribadendo che « i mari non devono essere cimiteri senza lapidi » e che la dignità umana non ha passaporto. Leone XIV ha chiesto con fermezza alla comunità internazionale e all’Europa di non voltarsi dall’altra parte, esigendo vie d’accesso legali e sicure per chi fugge. L’intervento del Conte Cassani Pironti ci aiuta ad approfondire prospettive e indicazioni istituzionali capaci di orientare il confronto, coniugando visione, valori e attenzione concreta alle questioni che ci stanno a cuore. La sua presenza arricchisce il percorso di approfondimenti al livello individuale, offrendoci l’opportunità di riflettere su come collaborazione e dialogo possano contribuire a soluzioni efficaci. Il fenomeno migratorio non può essere affrontato soltanto come una questione numerica o amministrativa, ma richiede una visione capace di coniugare legalità, sicurezza, solidarietà, integrazione e rispetto della dignità della persona umana.

Guglielmo Giovanelli Marconi, Sisowath Ravivaddhana Monipong, Biagio Simonetti e Fabio Cassani Pironti

Al termine del Convegno, la giornalista Ertilia Giordano, conduttrice dei lavori con grazia e competenza, ha gentilmente invitato gli ospiti a recarsi nel chiostro dove l’aperitivo era servito, mentre un quartetto d’archi tutto al femminile suonava soavi melodie della tradizione barocca italiana.

Dopo questo momento musicale rinfrescante, Biagio Simonetti nel suo compito di padrone di casa invita a prendere posto per la cena di gala. Oltre alle personalità già citate, si poteva riconoscere Stefano Zago, Direttore del canale televisivo TeleAmbiente, il Generale Sergio Filipponi in conversazione con l’avvocato Giacomo Tutinelli e la moglie Stefania, in compagnia del Dottore Stefano Rossano del Pontifico Istituto Orientale insieme a Padre Immacolato M. Acquali (al secolo Giuseppe Acquali), attuale Superiore Generale dell’Istituto dei Frati Francescani dell’Immacolata. La cena a base di pesce e di frutti di mare è stata apprezzata per la sua raffinatezza e la leggerezza, qualità essenziali per questa torrida serata estiva.

Anna Konovalova

La bellissima serata si è conclusa splendidamente con l’affascinante cantante Anna Konovalova, mezzosoprano di fama internazionale, vestita in uno splendido « fourreau » di paillettes oro e argento; dopo aver deliziato il pubblico con la sua interpretazione dell’Habanera della Carmen di Georges Bizet, prima di un vibrante omaggio alla Campania con « Torna a Surriento », ha regalato “in fine” una versione tutta sua di « Nessun Dorma », calorosamente applaudita dalla distinta assemblea.

Photo credits: Agenzia Orange Digital di Alfonso Nunziata, Mirko Solimene e Aniello Trieste Santorelli

Sisowath Ravivaddhana Monipong, Marco Nicolella, Anna Cima, Guglielmo Giovanelli Marconi, Carlo Maria Bruti e Vincenzo Grisostomi Travaglini
Anna Cima della Sartoria Tirelli ci stava raccontando la genesi dei costumi della pellicola « Odissea »
La tavola del Barone e della Baronessa Graziano Paventi di San Bonaventura
« Quando il gala dà un futuro ai bambini » un articolo di Lucilla Quaglia ne « Il Messaggero » del 29 giugno 2026
In piedi: Fabio Cassani Pironti e Michaela Reinero. Sedute: Maria Teresa Imperati, Anna Cupello e Diana Brugnoli

Nadine Sierra and Xabier Anduaga Shine in Rome’s La Traviata

On Wednesday 24th June 2026, the Opera of Rome and his Sovrintendente Francesco Giambrone have gathered Nadine Sierra and Xabier Anduaga, two absolute stars of today’s international lyric panorama for a historic “La Traviata”, the absolute masterpiece of Giuseppe Verdi, director Francesco Ivan Ciampa, brilliant and attentive, in the scenic version directed by Sofia Coppola and the costumes of late Haute Couture God Valentino Garavani, assisted by Maria Grazia Chiuri e Pierpaolo Piccioli. The red velvet curtain of the opera opened on a wide ballroom with an imponent marble stairs on the right side on which Violetta Valery seemed to be sliding graciously in her somptuous dress of dark tulle crinoline until the middle of the stage during the Preludio (sets by Nathan Crowley, assisted by Leila Fteita). Light designer Vinicio Cheli.  

When she sat down to light up the candles on a small table, the festive reception in her place started. Inspired by the novel of Alexandre Dumas “La Dame aux camélias”, “La Traviata” tells the story of one celebrated “Demi-Mondaine” of Paris in the second half of the XIXth century who fell in love with a candid but handsome heir of Provence, Alfredo Germont; unfortunately that happened when her health declined quickly… She decided nevertheless to flee from Paris with her young lover to her countryside residence, in Bougival where she received the visit of Alfredo’s father, Giorgio Germont (Italian famous beloved baritone Luca Salsi) who explained to her the reasons why Alfredo needs to go back home, as his unique sister would soon get married and that his scandalous behaviour would have damaged their reputation to the point to prevent his brother-in-law to be to concretize his formal proposal.

Violetta with elegance and nobility decided to obey and left Bougival to participate in her friend Flora’s party, dressed in a smashing Valentino-red evening dress and accompanied by her faithful “client” the Baron Douphol (a refined and well prepared Arturo Espinosa). After Violetta lied to him by saying she is in love with Douphol, asked him to Alfredo, very angry, humiliated her in front of all invitees, paying her for her “services” with the money he just won playing cards.

His father arrived and scolded him vehemently and Douphol challenged Alfredo to a duel. The last act let us entering the intimacy of Violetta’s bedroom. It is winter time. Paris is celebrating Carnival. Violetta’s decline is coming to an end. Only her friend, Doctor Grenvil (impeccable Adriano Gramigni) has remained with her, together with her faithful maid, Annina (gracious Sofia Barbashova). Violetta continued to read relentlessly the letter Giorgio Germont wrote her, announcing her the return of Alfredo… but it is too late. Soon after, Alfredo burst into the room, with enthusiasm, giving Violetta a last sip of happiness and hope «Parigi, O Cara» before dying in his arms.

Apart from the magnificent sets and costumes, I remained somewhat bewildered by the personalities of Nadine Sierra and Xabier Anduaga. First of all, Nadine: she was incredibly HERSELF in this production, especially at the end of the first act. After realising that some powerful feeling might occur between her and Alfred «Ah, fors’è lui», Sierra was absolutely fabulous in the famous cabaletta «Sempre libera» where her natural feminine emotivity reached a climax when she exclaimed herself in «Gioir, di voluttà ne’ vortici perir!», which literally means “to blissfully perish in the whirlwinds of pleasure!” The soprano transmitted the essence of music and words by her own personal interpretation which immediately made the audience shivering “à l’unisson” with the iconic character of Violetta. All along the opera, until the utmostly expected “Addio del passato”, she brought all spectators with her in her tragic journey towards death through genuine expressions of love.

May I be allowed to enter into deeper considerations about young, handsome and gifted tenor Xabier Anduaga. In this particular version of “La Traviata”, he magnifies his role with dignity and romantic harshness with the utmost care. His voice timbre, technically perfect, crystal-clear and graceful, together with his physical presence and personal elegance, completed so well the image of Alfredo as this innocent lad of a good provincial family who discovered love for the first time. His interpretation of “lunge da lei…” was impeccable, with his touch of sincerity, sweet and irresistible sensitivity mixed with the turmoils of carnal passion and impulsive vividness transported the audience in the character’s “joie de vivre” which will not last;

his father arrived and Salsi gave us a noble and imponent “Di Provenza” interpretation which was much appreciated in a long applause by the Roman audience. His professionality and popularity are genuinely recognised and praised all over the world of opera.

The rest of the company was graced by the presence of young singers of the “Fabbrica project” of the Opera of Rome such as Flora (Maria Elena Pepi) and Annina (Sofia Barbashova) who succeeded in fulfilling their roles with refined and subtle professionality as well as Alejo Álvarez Castillo in the naughty role of the Marquis d’Aubigny.

A special mention for promising and talented Guangwei Yao (Gastone) and the confirmed abilities of Daniele Massimi, Carlo Alberto Gioja and Salvatore Minopoli in the essential roles for the opera. Last but not least, my warmest congratulations to the dancers of the Opera of Rome, fantastic matadors and sensual gypsies and the Choir of the Opera of Rome, perfectly harmonised by their mythical maestro, Ciro Visco!

That very evening will remain a special memory I will cherish for ever!

24 June 2026: an exceptional La Traviata featuring the great and marvellous Nadine Sierra, who treated the Roman audience to a magnificent portrayal of Violetta Valéry in Giuseppe Verdi’s La Traviata. Moving, captivating, with a unique vocal timbre encompassing all the colours of the rainbow. There are magical evenings at the opera, and I believe I experienced one tonight at the Rome Opera House, thanks to Superintendent Francesco Giambrone and his Magic Team.

Here, alongside the radiant Natasha Nyanin in her golden gown and my diva, the incomparable Violetta, Nadine Sierra, after the performance.

24 June 2026: Xabier Anduaga portrayed an incredible Alfredo Germont with elegance and talent, capturing all the nuances required by this challenging role. A charming and endearing artist, radiating the fiery passion of his Latin youth.

Here he is alongside the wonderful Natasha Nyanin, dressed in gold, for an unforgettable evening! My Darling friend Natasha who came back on purpose to attend this exceptionnal show told me in confidence: « My first Traviata live was 2022 at the Met and like Violetta, little did I know my life was set to change irreversibly that year thanks to a love that would leave me quite bewildered soon. That production also starred Sierra. In a way, seeing her again in Traviata in Roma, on a trip through Italy meant to seal the healing of my soul after for tough years— through recommuning with beauty and reality across Italy — represents a certain full circle moment and a sort of closure (however illusory the idea of closure may be). Violetta doesn’t get the sort of closure we hope for in Traviata. She sings an ounce of hope as her Alfredo returns before she’s consumed fatally by her illness. Such as life: the ending is rarely packaged neatly with a Valentino Red bow but the journey, oh the journey sure can soar with fanciful flight not unlike Verdi’s musical vicissitudes. »

#xabieranduaga#Traviata#roma

Photo credits: Fabrizio Bizio Sansoni for the Opera of Rome

« Songe d’une nuit d’été »: Ballet éblouissant à l’Opéra de Rome

Marianna Suriano (Titania) et les fées

Première absolue à l’Opéra de Rome en ce mardi 9 juin 2026 avec la création sur la scène du théâtre Costanzi du ballet “Songe d’une nuit d’été” sur une composition musicale de Félix Mendelssohn-Bartholdy d’après la comédie de William Shakespeare. Le Surintendant Francesco Giambrone et la directrice de la danse Eleonora Abbagnato nous régalent une fois encore avec un spectacle de très grande qualité avec la participation exceptionnelle de Sae Eun Park, Etoile de l’Opéra de Paris, hôte d’honneur pour la seconde fois cette année, après son succès éclatant dans “La Bayadère” aux côtés du grand Paul Marque. Une véritable féérie musicale s’est ouverte devant nos yeux ébahis, déjà au moment des premières notes de l’ouverture dirigée de main de maître par le maestro Karen Durgaryan, quand le rideau de velours rouge laisse entrevoir ce chemin bordé de frondaisons impressionnantes qui se perd dans une forêt enchantée en perspective infinie, décors et costumes merveilleusement oniriques de Gianluca Falaschi avec les effets de lumière de Valerio Tibi…

Et nous voici dans le monde magique des elfes et des sylphides où les “petits rats” de l’Opéra de Rome rivalisent d’agilité et de mouvements chorégraphiques charmants, repensées spécialement pour eux par Sandra Jennings et Darla Hoover dans le plus grand respect de la chorégraphie originale de George Balanchine, créée en 1962 pour le New York City Ballet. Ce fils spirituel de Marius Petipa a en effet mis en pas de danse la comédie shakespearienne en s’inspirant essentiellement de l’esprit des Ballets Russes de Diaghilev où il débute d’abord comme danseur puis comme chorégraphe de 1925 à 1929. Le style épuré de Balanchine donne tout de suite le diapason de cette production exceptionnelle avec l’entrée en scène de Mattia Tortora dans le rôle du Roi des Fées, élégant et racé, qui est jaloux d’un jeune page que son épouse la Reine Titania (époustouflante Marianna Suriano, qui alterne délicatesse et tendresse avec une présence royalement imposante et ferme) élève avec grand soin à sa cour alors qu’Obéron voudrait en faire un de ses chevaliers.

Mattia Tortora
Gabriele Consoli

Arrive le jeune et fringant Gabriele Consoli (Puck) qui ravit le public par son interprétation espiègle et vivace du lutin malicieux, qui bondit entre chaque mouvements en donnant sa touche de sarcasme humoristique au conte de fées. Lorsque Puck se trompe dans l’administration du nectar de la “pensée d’amour” (« Son suc, étendu sur des paupières endormies, peut rendre une personne, femme ou homme, amoureuse folle de la première créature vivante qui lui apparaît. ») en confondant Lysandre et Démétrius, respectivement Walter Maimone, sublimement gracieux, et Valerio Maresca, splendidement viril et sensuel. Le quiproquo amoureux explose lorsque surviennent leurs deux amantes, Hermia et Héléna, interprétées par les ravissantes Alessandra Amato et Marta Marigliani.

Marta Marigliani et Walter Maimone
Puck et les nymphes

Nous voici à présent dans le deuxième acte où retentissent les notes désormais célébrissimes de la marche nuptiale de Mendelssohn où le corps de ballet de l’Opéra de Rome accompagne les trois couples qui convolent en justes noces: Thésée, le duc d’Athènes, qui prend les traits ici de Giacomo Castellana, incomparable pour sa grâce naturelle et la volupté fluide de son évolution sur scène, et sa douce Hippolita, la sémillante Federica Azzone, fulgurante et énergique incarnation de Diane Chasseresse, avec les deux jeunes couples finalement rassérénés.

Federica Azzone

Evidemment le moment tant attendu arrive lors du Pas de Deux du Divertissement avec l’Andante (Symphonie pour cordes n°9) où le souffle du spectateur est coupé par l’absolue harmonie du couple Sae Eun Park et de son partenaire Claudio Cocino: l’Etoile de Garnier nous offre son talent avec la générosité et la perfection technique qu’on lui connaît avec ce je-ne-sais-quoi en plus qui fait que même le néophyte le plus candide ne peut faire autrement que s’incliner devant tant de virtuosité. Claudio Cocino n’est pas en reste et laisse l’assistance émerveillée par son absolue maîtrise de l’art chorégraphique et sa complète symbiose avec sa partenaire.

Claudio Cocino et Sae Eun Park

Une mention spéciale pour le jeune et beau Michele Satriano qui pour la première a pris les traits du Maître des menus plaisirs de Titania, élégant et coquin, mais qui reprendra avec l’art et le charme incomparables qu’on lui connaît le rôle de Cocino dans les représentations du 11 et 13 juin prochains. A noter également la participation du Choeur de l’Opéra avec deux solistes aux voix cristallines, Jessica Ricci et Maria Elena Pepi, membres du Projet Fabbricca sous la direction expert du talentueux maestro Ciro Visco. Après le triomphe des applaudissements, la magie du spectacle continue dans une promenade dans la douce torpeur de la nuit romaine avec l’intuition que, peut-être, un jour, serons-nous aussi la cible de Puck et de sa fleur enchantée par la flèche de Cupidon, qui sait?

Giacomo Castellana, Marianna Suriano, Mattia Tortora et Walter Maimone
Michele Satriano

Photo credits: Fabrizio Sansoni pour l’Opéra de Rome

Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong : « La grande musique est un langage international »

Tensions à la frontière thaïlandaise, crise commerciale mondiale liée aux conflits dans le Golfe, vieillissement démographique de l’Europe, diplomatie culturelle par l’opéra… Le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, ambassadeur de la Maison Royale du Cambodge et pionnier de la lyrique en Asie du Sud-Est, a accordé une interview fleuve au journaliste Luigi Galluzzo sur TGCOM24. Un entretien où géopolitique et passion musicale se rejoignent avec une rare élégance.

Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong. TGCOM24

« Opera for Peace » : l’art comme réponse aux tensions frontalières

C’est par la culture que s’ouvre cet entretien. En décembre 2025, le prince Ravivaddhana et le maestro Vincenzo Grisostomi Travaglini ont mis en scène Don Giovanni de Mozart à Phnom Penh — une première historique au Cambodge, inaugurant le tout nouveau Phnom Penh International Opera Festival. L’événement fut sobrement rebaptisé « Opera for Peace » — et pour cause. Une semaine à peine après le début des répétitions, des drones militaires thaïlandais commençaient à bombarder la zone frontalière.

« C’est telle une question d’intérêts économiques entre différents groupes d’influence », analyse le prince avec une retenue toute diplomatique. Depuis, la situation s’est progressivement calmée, même si des manœuvres militaires thaïlandaises persistent à la frontière. Le premier ministre cambodgien a multiplié les consultations auprès des instances de l’ASEAN, et des protestations officielles ont été transmises via les ministères des Affaires étrangères et de la Défense.

Crise du Golfe : l’impact concret sur l’économie cambodgienne

Interrogé sur les répercussions économiques du blocage commercial lié aux tensions dans le Golfe, le prince livre une analyse précise et incarnée. Le Cambodge entretient des relations commerciales étroites avec la Chine, et la perturbation du trafic maritime se fait déjà ressentir.

« Le prix du litre d’essence est passé de 1,16 dollar en février à plus de 1,48 dollar aujourd’hui », illustre-t-il.

Les premières victimes de cette hausse sont les petits transporteurs et les conducteurs de tuk-tuk, artisans essentiels du tourisme local. Plus préoccupant encore : le risque de pénurie de matières premières transitant par le détroit d’Ormuz menace directement l’industrie textile cambodgienne, qui emploie des milliers d’ouvriers travaillant pour de grandes marques américaines. « Pour le moment, ça va, mais ils commencent à craindre pour leur emploi », tempère le prince.

Asie contre Europe : le choc des démographies

Vivant en Europe depuis des décennies, d’abord en France, puis en Italie, le prince est idéalement placé pour dresser un parallèle entre les deux mondes. Sa lecture est tranchée : l’Asie est jeune, pragmatique, tournée vers l’avenir. « Plus de 60 % de la population cambodgienne a moins de 30 ans », rappelle-t-il. Cette jeunesse regarde résolument vers le nord — Chine, Corée, Japon — et vers le Pacifique.

Face à la question du vieillissement démographique européen, le prince nuance : « On exagère un peu. La société européenne est très inclusive. Mais il y a un risque de perdre une partie de son identité si l’on n’est pas vigilant. » En Italie, il observe au contraire une italianité robuste et vivace. C’est en France qu’il perçoit les fractures les plus vives, qu’il anticipe comme un enjeu central des prochaines élections présidentielles.

Il glisse au passage une anecdote révélatrice de la modernité cambodgienne :

« Au Cambodge, on ne paie plus avec des cartes de crédit. On utilise une application que tout le monde a déjà depuis des années — comme en Chine. »

Lui qui approche les 60 ans avoue en souriant passer pour un vieux monsieur aux yeux des jeunes Cambodgiens dès lors qu’il sort ses dollars.

Monarchie restaurée, Francophonie et ouverture sur le monde

Le prince revient sur un tournant historique : le retour de la monarchie constitutionnelle au Cambodge, après le référendum de 1993 qui vit le roi Norodom Sihanouk remonter sur le trône. « La monarchie a redonné un sentiment de reconstruction des valeurs traditionnelles, mais avec un élan de modernité », explique-t-il. Un équilibre fragile et précieux dans un pays qui porte encore en lui le traumatisme du génocide de Pol Pot.

Sur le plan diplomatique, un événement majeur se profile : Phnom Penh accueillera les 15 et 16 novembre 2026 le 20e Sommet de la Francophonie, en présence du président Emmanuel Macron. Un rendez-vous symbolique pour un pays qui, malgré 90 ans de protectorat français, voit sa jeunesse se détourner progressivement de la langue de Molière — sans pour autant renier son héritage.

Don Giovanni à Phnom Penh : quand Mozart réconcilie les peuples

C’est sur cette note d’espoir que s’achève l’entretien. Depuis plus de seize ans, le prince et le maestro Grisostomi Travaglini œuvrent inlassablement pour faire rayonner l’opéra italien en Asie du Sud-Est. L’aventure a débuté aux Philippines avec Turandot et Lucia di Lammermoor, avant de s’étendre au Cambodge avec Cavalleria Rusticana — choisie, dit le prince avec malice, « pour faire plaisir à la Sicile ».

Pour Don Giovanni, le casting fut résolument international : trois chanteurs venus d’Italie — deux de Naples, une de Rome —, un chef japonais, une formation orchestrale réunissant Malaisiens et Français, auxquels s’est joint l’Orchestre des Jeunes d’Angkor. L’impact sur le public fut immédiat. « Les jeunes voulaient tout savoir. C’était un moment de communion totale par la musique », se souvient le prince, visiblement ému. Il souligne que la grande musique classique occidentale est déjà profondément ancrée dans le nord de l’Asie — Chine, Corée, Japon — et que le Cambodge aspire naturellement à rejoindre cet espace culturel.

Également mentionné lors de l’entretien : la remise du prix du meilleur acteur au Festival du Film Asiatique de Rome 2026, reçu par le prince au nom du comédien cambodgien Piseth Chhun, primé pour son interprétation dans une pellicola poétique retraçant l’histoire d’un jeune journaliste tombant amoureux d’un fantôme.

En clôture, le prince livre sa conviction profonde, celle qui sous-tend toute son action : « La magie de la musique, c’est qu’elle est un langage international. » Une vérité simple, mais que cet homme d’exception incarne avec une constance remarquable, depuis les scènes d’opéra de Rome jusqu’aux rives du Mékong.

Interview réalisée par Luigi Galluzzo pour TGCOM24, le 1er mai 2026.

Le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong est ambassadeur de la Maison Royale du Cambodge et cofondateur du Phnom Penh International Opera Festival.

https://www.youtube.com/watch?v=RjmAtHCT3f8&t=2s

Opera for Peace: Cambodian Prince’s Insights on Borders, Trade, Demographics, and Culture

Tensions on the Thai border, global trade crisis linked to Gulf conflicts, Europe’s demographic aging, cultural diplomacy through opera… Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, ambassador of the Royal House of Cambodia and pioneer of lyric opera in Southeast Asia, gave a wide-ranging interview to journalist Luigi Galluzzo on TGCOM24. A conversation where geopolitics and musical passion converge with rare elegance.

« Opera for Peace »: Art as a Response to Border Tensions

The interview opens with culture. In December 2025, Prince Ravivaddhana and maestro Vincenzo Grisostomi Travaglini staged Mozart’s Don Giovanni in Phnom Penh — a historic first in Cambodia, inaugurating the brand-new Phnom Penh International Opera Festival. The event was aptly renamed « Opera for Peace » — and for good reason. Just one week after rehearsals began, Thai military drones started bombing the border area.

« It’s like a matter of economic interests between different influence groups », the prince analyzes with characteristic diplomatic restraint.

Since then, the situation has gradually calmed, though Thai military maneuvers persist at the border. The Cambodian prime minister has multiplied consultations with ASEAN bodies, and official protests have been transmitted via the foreign affairs and defense ministries.

Gulf Crisis: Concrete Impact on the Cambodian Economy

Questioned on the economic repercussions of the trade blockade linked to Gulf tensions, the prince delivers a precise and grounded analysis. Cambodia maintains close trade relations with China, and the disruption of maritime traffic is already being felt.

« The price of a liter of gasoline has risen from $1.16 in February to over $1.48 today », he illustrates.

The first victims of this increase are small transporters and tuk-tuk drivers, essential artisans of local tourism. Even more worrying: the risk of shortages of raw materials transiting through the Strait of Hormuz directly threatens Cambodia’s textile industry, which employs thousands of workers for major American brands. « For now, it’s okay, but they’re starting to fear for their jobs », the prince tempers.

Asia vs. Europe: The Clash of Demographics

Having lived in Europe for decades, first in France, then in Italy, the prince is ideally placed to draw parallels between the two worlds. His view is clear-cut: Asia is young, pragmatic, forward-looking. « Over 60% of Cambodia’s population is under 30 », he reminds us. This youth looks resolutely north — China, Korea, Japan — and toward the Pacific.

On Europe’s demographic aging, the prince nuances:

« It’s a bit exaggerated. European society is very inclusive. But there’s a risk of losing part of its identity if one isn’t vigilant. »

In Italy, he observes a robust and vibrant Italianness. It’s in France that he perceives the sharpest fractures, which he anticipates as a central issue in the next presidential elections.

He slips in a revealing anecdote about Cambodian modernity:

« In Cambodia, we no longer pay with credit cards. We use an app that everyone has had for years — like in China. »

Approaching 60, he admits with a smile that he comes across as an old man to young Cambodians whenever he pulls out his dollars.

Restored Monarchy, Francophonie, and Opening to the World

The prince returns to a historic turning point: the return of the constitutional monarchy in Cambodia, after the 1993 referendum that saw King Norodom Sihanouk return to the throne.

« The monarchy restored a sense of rebuilding traditional values, but with a drive for modernity », he explains.

A fragile and precious balance in a country still bearing the trauma of Pol Pot’s genocide.

On the diplomatic front, a major event looms: Phnom Penh will host the 20th Francophonie Summit on November 15 and 16, 2026, in the presence of President Emmanuel Macron. A symbolic rendezvous for a country that, despite 90 years of French protectorate, sees its youth gradually turning away from the language of Molière — without renouncing its heritage.

Don Giovanni in Phnom Penh: When Mozart Reconciles Peoples

The interview ends on this note of hope. For over sixteen years, the prince and maestro Grisostomi Travaglini have tirelessly worked to bring Italian opera to Southeast Asia. The adventure began in the Philippines with Turandot and Lucia di Lammermoor, before expanding to Cambodia with Cavalleria Rusticana — chosen, the prince says with mischief, « to please Sicily ».

For Don Giovanni, the cast was resolutely international: three singers from Italy — two from Naples, one from Rome —, a Japanese conductor, an orchestra bringing together Malaysians and French musicians, joined by the Angkor Youth Orchestra. The impact on the audience was immediate.

« The young people wanted to know everything. It was a moment of total communion through music », the prince recalls, visibly moved.

He emphasizes that great Western classical music is already deeply rooted in northern Asia — China, Korea, Japan — and that Cambodia naturally aspires to join this cultural space.

Also mentioned in the interview: the awarding of the best actor prize at the 2026 Rome Asian Film Festival, received by the prince on behalf of Cambodian actor Piseth Chhun, honored for his performance in a poetic film tracing the story of a young journalist falling in love with a ghost.

In closing, the prince shares his deep conviction, the one that underpins all his actions: « The magic of music is that it is an international language. » A simple truth, but one that this exceptional man embodies with remarkable consistency, from the opera stages of Rome to the banks of the Mekong.

Interview conducted by Luigi Galluzzo for TGCOM24, May 1, 2026.

Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong is ambassador of the Royal House of Cambodia and co-founder of the Phnom Penh International Opera Festival.

Intervista di Sua Altezza il principe Sisowath Ravivaddhana Monipong

Carlo Vistoli Brille dans Tancredi : Une Soirée Inoubliable à l’Opéra de Rome, 19 mai 2026

19 mai 2026: Première de “Tancredi” de Gioachino Rossini, écrit en 1813 alors qu’il n’avait que 21 ans, et inspiré de la tragédie éponyme de Voltaire qui narre l’histoire du prince normand Tancrède de Hauteville, héros de Syracuse durant l’invasion sarrasine de la Sicile et de ses amours contrariées avec la jeune Amenaide, une adaptation tragique du philosophe de Ferney, bien loin de la geste de Tancrède, roi de Sicile et de son épouse Clorinda. A cette occasion, le Surintendant Francesco Giambrone a confié la mise en scène de cette oeuvre intemporelle à la célèbre Emma Dante, tandis que revient sur le podium, en grande forme, le maestro Michele Mariotti – de la dynastie des fondateurs du Rossini Opera Festival de Pesaro – qui dirige avec brio l’orchestre de l’Opéra de Rome dont il est également le directeur musical.

Michele Mariotti, Directeur Musical de l’Opéra de Rome

Pour la première fois, le rôle-titre sera tenu par le contre-ténor de renommée internationale, le sémillant Carlo Vistoli à la voix prodigieuse et à la technique aussi parfaite que raffinée, alors qu’Amenaide est interprétée par Martina Russomanno, jeune et belle soprano à la voix divine qui a enchanté le public romain pour ses débuts au Théâtre Costanzi. Le reste de la compagnie est à la hauteur des attentes des mélomanes de la Ville Eternelle, avec le baryton Luca Tittoto (Orbazzano), les deux jeunes recrues du Projet Fabbrica,  Ekaterine Buachidze (Isaura) et Maria Elena Pepi (Roggiero). Une mention honorable pour le ténor Antonino Siragusa qui a remplacé au pied levé son collègue Enea Scala qui n’a pu prendre part à cette Première d’exception. Le choeur exclusivement masculin est dirigée avec le panache incomparable du maestro Ciro Visco qui, non seulement a réussi à tirer le meilleur de ses chanteurs dans une partition particulièrement complexe, mais a aussi explicitement démontré la complicité du choeur tout entier avec les exigences artistiques d’Emma Dante, qui a transformé la scène de l’Opéra de Rome en un immense théâtre de marionnettes à la Sicilienne ( les fameux “pupazzi”), où les solistes incarnent les marionettistes qui finissent par prendre vie eux-mêmes dans les personnages dont ils tirent les ficelles.

Ciro Visco, Directeur du Choeur de l’Opéra de Rome

Carmine Maringola a imaginé des décors monumentaux, peints à la main représentant l’Etna et ses contreforts, les rivages de Sicile, l’intérieur imaginaire du Palais Royal et bien d’autres détails qui ont laissé le public bouche bée, un peu à la manière des enfants qui assistent à un spectacle de marionnettes pour la première fois. Les costumes imaginées par Emma Dante et Chicca Ruocco reprennent les armures, les plumes colorées, les tulles et les taffetas moirés de la tradition de la Magna Grecia et les mouvements chorégraphiques des danseurs/mimes coordonnées par Manuela Lo Sicco se succèdent avec magie, passant des tourbillons de derviches byzantins aux gestes saccadés de pantins articulés. Lumières suggestives de Luigi Biondi.

Carlo Vistoli, une fois encore, nous a surpris par les multiples facettes de son talent maintes fois admirées sur les scènes mondiales et son extraordinaire adaptabilité à l’écriture de Rossini et aux exigences compliquées d’un grand metteur en scène au service de ce chef-d’oeuvre de “l’Opera Seria”, sorte de transition stylistique entre le Baroque et le Néo-classicisme que magnifie “Tancredi”. Evidemment était attendu avec impatience le fameux air “Di tanti palpiti” et sans surprise, Vistoli, avec élégance et les accents virtuoses et incomparables de sa voix si spéciale a déchaîné l’enthousiasme de toute la salle en une salve de longs applaudissements intenses, qui se sont renouvelés au second acte lors du non moins fameux “Ah, che scordar non so”. Martina Russomano a, elle aussi, gagné les faveurs du public pour “Come dolce all’alma mia” et “Giusto Dio che umile adoro” mais le sommet de la beauté et de la perfection musicale fut atteint lors des duos avec Vistoli “L’aura che intorno spiri” et surtout au second acte, le magnifique et dramatique “Fiero incontro […] Lasciami, non t’ascolto” avant la mort tragique du héros. Une soirée grandiose, riche en émotions inoubliables avec des interprétations vocales à couper le souffle par leur sensibilités complémentaires et leurs étonnantes résonnances dans un monde contemporain qui, décidément, ne pourra trouver son salut que dans la beauté.

Photo credits: Fabrizio Sansoni pour l’Opéra de Rome

Carlo Vistoli, entouré de la princesse Stefania Pignatelli Gladstone et du prince Sisowath Ravivaddhana Monipong à la réception à l’issue de la Première.

19 maggio 2026: Prima di “Tancredi” di Gioachino Rossini, scritto nel 1813 quando aveva solo 21 anni e ispirato all’omonima tragedia di Voltaire che narra la storia del principe normanno Tancredi d’Hauteville, eroe di Siracusa, durante l’invasione saracena della Sicilia e del suo amore contrastato con la giovane Amenaide, un adattamento tragico del filosofo di Ferney, ben lontano dall’epopea di Tancredi, re di Sicilia, e di sua moglie Clorinda. Per l’occasione, il Sovrintendente Francesco Giambrone ha affidato la regia di quest’opera senza tempo alla celebre Emma Dante, mentre torna sul podio, in grande forma, il maestro Michele Mariotti – della dinastia dei fondatori del Rossini Opera Festival di Pesaro – che dirige con brio l’Orchestra dell’Opera di Roma, di cui è direttore musicale. Per la prima volta, il ruolo principale è affidato al contraltista di fama internazionale, il vivace Carlo Vistoli, dalla voce prodigiosa e dalla tecnica tanto perfetta quanto raffinata, mentre Amenaide è interpretata da Martina Russomanno, giovane e bel soprano dalla voce divina che ha incantato il pubblico romano al suo debutto al Teatro Costanzi. Il resto della compagnia è all’altezza delle aspettative degli amanti della musica della Città Eterna, con il baritono Luca Tittoto (Orbazzano), le due giovani leve del Progetto Fabbrica, Ekaterine Buachidze (Isaura) e Maria Elena Pepi (Roggiero).

Una menzione d’onore va al tenore Antonino Siragusa, che ha sostituito all’ultimo momento il collega Enea Scala, impossibilitato a partecipare a questa prima d’eccezione. Il coro, composto esclusivamente da uomini, è diretto con l’incomparabile brio del maestro Ciro Visco, il quale non solo è riuscito a trarre il meglio dai suoi cantanti in una partitura particolarmente complessa, ma ha anche dimostrato chiaramente la complicità dell’intero complesso alle esigenze artistiche di Emma Dante, che ha trasformato il palcoscenico dell’Opera di Roma in un immenso teatro di marionette alla siciliana (i famosi “pupazzi”), dove i solisti incarnano i burattinai che finiscono per prendere vita essi stessi nei personaggi di cui tirano i fili. Carmine Maringola ha ideato scenografie monumentali, dipinte a mano, che raffigurano l’Etna e le sue pendici, le rive della Sicilia, l’interno immaginario del Palazzo Reale e molti altri dettagli che hanno lasciato il pubblico a bocca aperta, un po’ come i bambini che assistono a uno spettacolo di marionette per la prima volta. I costumi ideati da Emma Dante e Chicca Ruocco riprendono le armature, le piume colorate, i tulle e i taffetà moiré della tradizione della Magna Grecia, mentre i movimenti coreografici dei ballerini/mimi, coordinati da Manuela Lo Sicco, si susseguono con magia, passando dai vortici dei dervisci bizantini ai gesti a scatti dei burattini articolati. Suggestiva illuminazione di Luigi Biondi.

Carlo Vistoli, ancora una volta, ci sorprende con le molteplici sfaccettature del suo talento, più volte ammirate sui palcoscenici mondiali, e con la straordinaria capacità di adattarsi alla scrittura di Rossini e alle complesse esigenze di un grande regista al servizio di questo capolavoro dell’“Opera Seria”, una sorta di transizione stilistica tra il Barocco e il Neoclassicismo che “Tancredi” esalta. Ovviamente era atteso con impazienza la famosa cabaletta “Di tanti palpiti” e Vistoli, senza sorpresa, con eleganza e gli accenti virtuosistici e incomparabili della sua voce così speciale, ha scatenato l’entusiasmo di tutta la sala in una raffica di lunghi e intensi applausi, che si sono ripetuti nel secondo atto durante la non meno famosa “Ah, che scordar non so”. Anche Martina Russomano ha conquistato il pubblico con “Come dolce all’alma mia” e “Giusto Dio che umile adoro”, ma l’apice della bellezza e della perfezione musicale è stato raggiunto nei duetti con Vistoli “L’aura che intorno spiri” e soprattutto nel secondo atto, il magnifico e drammatico “Fiero incontro […] Lasciami, non t’ascolto” prima della tragica morte dell’eroe. Una serata grandiosa, ricca di emozioni indimenticabili con interpretazioni vocali mozzafiato per la loro sensibilità complementare e le loro sorprendenti risonanze in un mondo contemporaneo che, decisamente, potrà trovare la sua salvezza solo nella bellezza.

« Don Giovanni » de Mozart a Phnom Penh: la passion lyrique du prince Sisowath Ravivaddhana Monipong

Avec le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, Intermezzo a Phnom Penh.

Passionné d’opéra, cet italien d’adoption descend des deux grandes dynasties qui ont fait le royaume: il a lancé le tout premier festival d’art lyrique du pays, qui soutenait cette année les Cambodgiens victimes des conflits avec la Thailande voisine.

Ce jour-là, il parle d’une voix calme et distinguée, attentif aux lumières qui éclairent la scène du Théâtre Naba de Phnom Penh. D’ici peu, une centaine d’artistes venus du monde entiers le rejoindront pour la première répétition de Don Giovanni, qui se jouera à pendant deux dates, les 12 et 14 décembre. Le prince Sisowath Ravivaddhana imagine déjà le chef Jun Iisaka diriger les musiciens auxquels se joindront les talents de l’Orchestre des Jeunes d’Angkor. Il voit d’ici les étudiants en art et spectacle de l’Association Phare Ponleu Selpak donner vie au livret de Lorenzo da Ponte auprès du baryton Ciro Giordano Orsini, du ténor Enrico Terrone Guerra ou encore des sopranos Ai Iwasaki et Yasko Fujii, interprètes du prestigieux « opéra des opéras » composé par Mozart. « Don Giovanni est une œuvre qui compte beaucoup pour moi, précise le prince. C’est même celle qui m’a fait aimer l’art lyrique ».

La confidence nous ramène aux années 1990, durant lesquelles Ravivaddhana est étudiant en hypokhâgne, en région parisienne. Un soir, grâce à son professeur d’histoire, il assiste avec ses camarades de promotion à une représentation de ce chef-d’oeuvre absolu au théâtre national de l’opéra-comique. « La mise en scène était moderne, même osée pour l’époque. Mais la musique de Mozart m’a ensorcelé. J’en garde un souvenir de volupté intense. »

A cette époque, le fils du prince Sisowath Samyl Monipong – petit-fils du roi Sisowath Monivong, qui régna entre 1927 et 1941, et cousin germain du roi Norodom Sihanouk -, n’a qu’une ambition : voyager. S’il a grandi avec sa soeur cadette la princesse Ubbolvaddey, entre Paris et Ribeauvillé, «joli village sur la Route du vin, en Alsace», ses parents lui ont transmis à travers les saveurs et les musiques du quotidien leur amour du Cambodge, qu’ils ont quitté en 1971, alors qu’il n’avait pas un an. «Maman, la princesse Norodom Daravadey, trompait son mal du pays en nous racontant des anecdotes de la cour au temps des rois Sisowath, Monivong et Sihanouk. Papa partageait quant à lui ses souvenirs de l’Armée de l’Air cambodgienne pour laquelle il avait été pilote de chasse». Le jeune Ravivaddhana sait dès lors que «la vie entière n’a de sens que si le Cambodge en fait partie intégrante. Notre famille est destinée à servir nos concitoyens avec dévouement et respect. Quel que soit le métier que j’allais choisir la mère-patrie allait s’imposer comme une évidence dans mon parcours».

Installé en Italie après avoir débuté sa carrière professionnelle au développement commercial de grandes multinationales, Ravivaddhana devient très vite consultant pour les Nations Unies. En 2000, trois ans après avoir posé ses valises à Rome, une mission du Programme Alimentaire Mondial lui permet de renouer avec ses origines. « A Phnom Penh, le bureau du PAM se trouvait sur l’avenue où mes parents ont habité jusqu’à ma naissance. Leur magnifique maison en teck avait été démantelée après l’invasion vietnamienne de janvier 1979 pour servir de bois de chauffe ». Les retrouvailles avec sa cousine la princesse Rattana Devi, petite-fille du roi Sihanouk, ou encore avec la princesse Sisowath Pongneary, sœur du prince Samyl que tous surnomment affectueusement Lolotte, permettent cependant à Ravivaddhana de trouver peu à peu sa place dans ce décor.  En 2016, son cousin le roi Sihamoni le nomme ambassadeur du royaume avec rang de sous-secrétaire d’État. Il travaille dès lors à la promotion des échanges culturels entre l’Italie et le Cambodge. Collaborateur régulier de l’Opera International Magazine, Ravivaddhana a fini par quitter Rome pour sa province, « à Monterotondo. La vie y est plus tranquille et propice à la méditation ». Ses projets tournent désormais exclusivement autour de l’art lyrique. 

« Ma vocation théâtrale est née grâce au marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini,  musicologue que j’ai rencontré voici plus de quinze ans chez notre amie commune, feue la princesse Ira von Fürstenberg. Franco Zeffirelli avait été son mentor. Et j’ai commencé à l’assister dans la mise en scène de Tosca, de Puccini, pour l’Opéra d’Ankara, en 2010. » Le duo ambitionne de faire connaître l’opéra à l’italienne à l’étranger, notamment en Asie du Sud-Est. La Bohème, de Puccini, Lucia di Lammermoor, de Donizetti, et bien d’autres projets, aiguisant son sens de la narration musicale permettent à Ravivaddhana de monter plusieurs spectacles à Phnom Penh. Cavalleria Rusticana, Pagliacci, les créations se succèdent. Jusqu’à Madama Butterfly, « qui se joue il y a deux ans à guichet fermé. Pour ce spectacle, nous avons notamment fait appel à la styliste phnompenhoise Romyda Keth qui a su imaginer des costumes exceptionnels, essentiels au succès de l’opéra ».

Cette année, le prince a choisi s’attaquer à ce monument que représente pour lui Don Giovanni afin d’inaugurer le Festival international d’Opéra de Phnom Penh, créé avec l’équipe des débuts dans le but de démocratiser l’art lyrique au Cambodge. Et pour accompagner le 20è sommet de la Francophonie, qui sera accueilli l’an prochain par la capitale khmère, le Festival a d’ores et déjà programmé La Bohème, de Puccini, dont l’action se déroule au coeur du Paris romantique. En voyant arriver les premiers artistes sur la scène du Naba, Ravivaddhana sourit d’aise et se dirige vers eux pour les accueillir. D’ici peu, quelques accords de violons et autres vocalises s’élanceront dans l’air, trahissant parfois une impatience partagée, celle d’offrir à Phnom Penh un peu de magie.

Fanny Del Volta. 31 décembre 2025

Le marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini et le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, 14 décembre 2025

Photo credits: Jérémie Montessuis et Victor Boissel