Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong : « La grande musique est un langage international »

Tensions à la frontière thaïlandaise, crise commerciale mondiale liée aux conflits dans le Golfe, vieillissement démographique de l’Europe, diplomatie culturelle par l’opéra… Le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, ambassadeur de la Maison Royale du Cambodge et pionnier de la lyrique en Asie du Sud-Est, a accordé une interview fleuve au journaliste Luigi Galluzzo sur TGCOM24. Un entretien où géopolitique et passion musicale se rejoignent avec une rare élégance.

Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong. TGCOM24

« Opera for Peace » : l’art comme réponse aux tensions frontalières

C’est par la culture que s’ouvre cet entretien. En décembre 2025, le prince Ravivaddhana et le maestro Vincenzo Grisostomi Travaglini ont mis en scène Don Giovanni de Mozart à Phnom Penh — une première historique au Cambodge, inaugurant le tout nouveau Phnom Penh International Opera Festival. L’événement fut sobrement rebaptisé « Opera for Peace » — et pour cause. Une semaine à peine après le début des répétitions, des drones militaires thaïlandais commençaient à bombarder la zone frontalière.

« C’est telle une question d’intérêts économiques entre différents groupes d’influence », analyse le prince avec une retenue toute diplomatique. Depuis, la situation s’est progressivement calmée, même si des manœuvres militaires thaïlandaises persistent à la frontière. Le premier ministre cambodgien a multiplié les consultations auprès des instances de l’ASEAN, et des protestations officielles ont été transmises via les ministères des Affaires étrangères et de la Défense.

Crise du Golfe : l’impact concret sur l’économie cambodgienne

Interrogé sur les répercussions économiques du blocage commercial lié aux tensions dans le Golfe, le prince livre une analyse précise et incarnée. Le Cambodge entretient des relations commerciales étroites avec la Chine, et la perturbation du trafic maritime se fait déjà ressentir.

« Le prix du litre d’essence est passé de 1,16 dollar en février à plus de 1,48 dollar aujourd’hui », illustre-t-il.

Les premières victimes de cette hausse sont les petits transporteurs et les conducteurs de tuk-tuk, artisans essentiels du tourisme local. Plus préoccupant encore : le risque de pénurie de matières premières transitant par le détroit d’Ormuz menace directement l’industrie textile cambodgienne, qui emploie des milliers d’ouvriers travaillant pour de grandes marques américaines. « Pour le moment, ça va, mais ils commencent à craindre pour leur emploi », tempère le prince.

Asie contre Europe : le choc des démographies

Vivant en Europe depuis des décennies, d’abord en France, puis en Italie, le prince est idéalement placé pour dresser un parallèle entre les deux mondes. Sa lecture est tranchée : l’Asie est jeune, pragmatique, tournée vers l’avenir. « Plus de 60 % de la population cambodgienne a moins de 30 ans », rappelle-t-il. Cette jeunesse regarde résolument vers le nord — Chine, Corée, Japon — et vers le Pacifique.

Face à la question du vieillissement démographique européen, le prince nuance : « On exagère un peu. La société européenne est très inclusive. Mais il y a un risque de perdre une partie de son identité si l’on n’est pas vigilant. » En Italie, il observe au contraire une italianité robuste et vivace. C’est en France qu’il perçoit les fractures les plus vives, qu’il anticipe comme un enjeu central des prochaines élections présidentielles.

Il glisse au passage une anecdote révélatrice de la modernité cambodgienne :

« Au Cambodge, on ne paie plus avec des cartes de crédit. On utilise une application que tout le monde a déjà depuis des années — comme en Chine. »

Lui qui approche les 60 ans avoue en souriant passer pour un vieux monsieur aux yeux des jeunes Cambodgiens dès lors qu’il sort ses dollars.

Monarchie restaurée, Francophonie et ouverture sur le monde

Le prince revient sur un tournant historique : le retour de la monarchie constitutionnelle au Cambodge, après le référendum de 1993 qui vit le roi Norodom Sihanouk remonter sur le trône. « La monarchie a redonné un sentiment de reconstruction des valeurs traditionnelles, mais avec un élan de modernité », explique-t-il. Un équilibre fragile et précieux dans un pays qui porte encore en lui le traumatisme du génocide de Pol Pot.

Sur le plan diplomatique, un événement majeur se profile : Phnom Penh accueillera les 15 et 16 novembre 2026 le 20e Sommet de la Francophonie, en présence du président Emmanuel Macron. Un rendez-vous symbolique pour un pays qui, malgré 90 ans de protectorat français, voit sa jeunesse se détourner progressivement de la langue de Molière — sans pour autant renier son héritage.

Don Giovanni à Phnom Penh : quand Mozart réconcilie les peuples

C’est sur cette note d’espoir que s’achève l’entretien. Depuis plus de seize ans, le prince et le maestro Grisostomi Travaglini œuvrent inlassablement pour faire rayonner l’opéra italien en Asie du Sud-Est. L’aventure a débuté aux Philippines avec Turandot et Lucia di Lammermoor, avant de s’étendre au Cambodge avec Cavalleria Rusticana — choisie, dit le prince avec malice, « pour faire plaisir à la Sicile ».

Pour Don Giovanni, le casting fut résolument international : trois chanteurs venus d’Italie — deux de Naples, une de Rome —, un chef japonais, une formation orchestrale réunissant Malaisiens et Français, auxquels s’est joint l’Orchestre des Jeunes d’Angkor. L’impact sur le public fut immédiat. « Les jeunes voulaient tout savoir. C’était un moment de communion totale par la musique », se souvient le prince, visiblement ému. Il souligne que la grande musique classique occidentale est déjà profondément ancrée dans le nord de l’Asie — Chine, Corée, Japon — et que le Cambodge aspire naturellement à rejoindre cet espace culturel.

Également mentionné lors de l’entretien : la remise du prix du meilleur acteur au Festival du Film Asiatique de Rome 2026, reçu par le prince au nom du comédien cambodgien Piseth Chhun, primé pour son interprétation dans une pellicola poétique retraçant l’histoire d’un jeune journaliste tombant amoureux d’un fantôme.

En clôture, le prince livre sa conviction profonde, celle qui sous-tend toute son action : « La magie de la musique, c’est qu’elle est un langage international. » Une vérité simple, mais que cet homme d’exception incarne avec une constance remarquable, depuis les scènes d’opéra de Rome jusqu’aux rives du Mékong.

Interview réalisée par Luigi Galluzzo pour TGCOM24, le 1er mai 2026.

Le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong est ambassadeur de la Maison Royale du Cambodge et cofondateur du Phnom Penh International Opera Festival.

https://www.youtube.com/watch?v=RjmAtHCT3f8&t=2s

Opera for Peace: Cambodian Prince’s Insights on Borders, Trade, Demographics, and Culture

Tensions on the Thai border, global trade crisis linked to Gulf conflicts, Europe’s demographic aging, cultural diplomacy through opera… Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, ambassador of the Royal House of Cambodia and pioneer of lyric opera in Southeast Asia, gave a wide-ranging interview to journalist Luigi Galluzzo on TGCOM24. A conversation where geopolitics and musical passion converge with rare elegance.

« Opera for Peace »: Art as a Response to Border Tensions

The interview opens with culture. In December 2025, Prince Ravivaddhana and maestro Vincenzo Grisostomi Travaglini staged Mozart’s Don Giovanni in Phnom Penh — a historic first in Cambodia, inaugurating the brand-new Phnom Penh International Opera Festival. The event was aptly renamed « Opera for Peace » — and for good reason. Just one week after rehearsals began, Thai military drones started bombing the border area.

« It’s like a matter of economic interests between different influence groups », the prince analyzes with characteristic diplomatic restraint.

Since then, the situation has gradually calmed, though Thai military maneuvers persist at the border. The Cambodian prime minister has multiplied consultations with ASEAN bodies, and official protests have been transmitted via the foreign affairs and defense ministries.

Gulf Crisis: Concrete Impact on the Cambodian Economy

Questioned on the economic repercussions of the trade blockade linked to Gulf tensions, the prince delivers a precise and grounded analysis. Cambodia maintains close trade relations with China, and the disruption of maritime traffic is already being felt.

« The price of a liter of gasoline has risen from $1.16 in February to over $1.48 today », he illustrates.

The first victims of this increase are small transporters and tuk-tuk drivers, essential artisans of local tourism. Even more worrying: the risk of shortages of raw materials transiting through the Strait of Hormuz directly threatens Cambodia’s textile industry, which employs thousands of workers for major American brands. « For now, it’s okay, but they’re starting to fear for their jobs », the prince tempers.

Asia vs. Europe: The Clash of Demographics

Having lived in Europe for decades, first in France, then in Italy, the prince is ideally placed to draw parallels between the two worlds. His view is clear-cut: Asia is young, pragmatic, forward-looking. « Over 60% of Cambodia’s population is under 30 », he reminds us. This youth looks resolutely north — China, Korea, Japan — and toward the Pacific.

On Europe’s demographic aging, the prince nuances:

« It’s a bit exaggerated. European society is very inclusive. But there’s a risk of losing part of its identity if one isn’t vigilant. »

In Italy, he observes a robust and vibrant Italianness. It’s in France that he perceives the sharpest fractures, which he anticipates as a central issue in the next presidential elections.

He slips in a revealing anecdote about Cambodian modernity:

« In Cambodia, we no longer pay with credit cards. We use an app that everyone has had for years — like in China. »

Approaching 60, he admits with a smile that he comes across as an old man to young Cambodians whenever he pulls out his dollars.

Restored Monarchy, Francophonie, and Opening to the World

The prince returns to a historic turning point: the return of the constitutional monarchy in Cambodia, after the 1993 referendum that saw King Norodom Sihanouk return to the throne.

« The monarchy restored a sense of rebuilding traditional values, but with a drive for modernity », he explains.

A fragile and precious balance in a country still bearing the trauma of Pol Pot’s genocide.

On the diplomatic front, a major event looms: Phnom Penh will host the 20th Francophonie Summit on November 15 and 16, 2026, in the presence of President Emmanuel Macron. A symbolic rendezvous for a country that, despite 90 years of French protectorate, sees its youth gradually turning away from the language of Molière — without renouncing its heritage.

Don Giovanni in Phnom Penh: When Mozart Reconciles Peoples

The interview ends on this note of hope. For over sixteen years, the prince and maestro Grisostomi Travaglini have tirelessly worked to bring Italian opera to Southeast Asia. The adventure began in the Philippines with Turandot and Lucia di Lammermoor, before expanding to Cambodia with Cavalleria Rusticana — chosen, the prince says with mischief, « to please Sicily ».

For Don Giovanni, the cast was resolutely international: three singers from Italy — two from Naples, one from Rome —, a Japanese conductor, an orchestra bringing together Malaysians and French musicians, joined by the Angkor Youth Orchestra. The impact on the audience was immediate.

« The young people wanted to know everything. It was a moment of total communion through music », the prince recalls, visibly moved.

He emphasizes that great Western classical music is already deeply rooted in northern Asia — China, Korea, Japan — and that Cambodia naturally aspires to join this cultural space.

Also mentioned in the interview: the awarding of the best actor prize at the 2026 Rome Asian Film Festival, received by the prince on behalf of Cambodian actor Piseth Chhun, honored for his performance in a poetic film tracing the story of a young journalist falling in love with a ghost.

In closing, the prince shares his deep conviction, the one that underpins all his actions: « The magic of music is that it is an international language. » A simple truth, but one that this exceptional man embodies with remarkable consistency, from the opera stages of Rome to the banks of the Mekong.

Interview conducted by Luigi Galluzzo for TGCOM24, May 1, 2026.

Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong is ambassador of the Royal House of Cambodia and co-founder of the Phnom Penh International Opera Festival.

Intervista di Sua Altezza il principe Sisowath Ravivaddhana Monipong

“Don Giovanni” de Mozart a Phnom Penh: la passion lyrique du prince Sisowath Ravivaddhana Monipong

Avec le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, Intermezzo a Phnom Penh.

Passionné d’opéra, cet italien d’adoption descend des deux grandes dynasties qui ont fait le royaume: il a lancé le tout premier festival d’art lyrique du pays, qui soutenait cette année les Cambodgiens victimes des conflits avec la Thailande voisine.

Ce jour-là, il parle d’une voix calme et distinguée, attentif aux lumières qui éclairent la scène du Théâtre Naba de Phnom Penh. D’ici peu, une centaine d’artistes venus du monde entiers le rejoindront pour la première répétition de Don Giovanni, qui se jouera à pendant deux dates, les 12 et 14 décembre. Le prince Sisowath Ravivaddhana imagine déjà le chef Jun Iisaka diriger les musiciens auxquels se joindront les talents de l’Orchestre des Jeunes d’Angkor. Il voit d’ici les étudiants en art et spectacle de l’Association Phare Ponleu Selpak donner vie au livret de Lorenzo da Ponte auprès du baryton Ciro Giordano Orsini, du ténor Enrico Terrone Guerra ou encore des sopranos Ai Iwasaki et Yasko Fujii, interprètes du prestigieux « opéra des opéras » composé par Mozart. « Don Giovanni est une œuvre qui compte beaucoup pour moi, précise le prince. C’est même celle qui m’a fait aimer l’art lyrique ».

La confidence nous ramène aux années 1990, durant lesquelles Ravivaddhana est étudiant en hypokhâgne, en région parisienne. Un soir, grâce à son professeur d’histoire, il assiste avec ses camarades de promotion à une représentation de ce chef-d’oeuvre absolu au théâtre national de l’opéra-comique. « La mise en scène était moderne, même osée pour l’époque. Mais la musique de Mozart m’a ensorcelé. J’en garde un souvenir de volupté intense. »

A cette époque, le fils du prince Sisowath Samyl Monipong – petit-fils du roi Sisowath Monivong, qui régna entre 1927 et 1941, et cousin germain du roi Norodom Sihanouk -, n’a qu’une ambition : voyager. S’il a grandi avec sa soeur cadette la princesse Ubbolvaddey, entre Paris et Ribeauvillé, «joli village sur la Route du vin, en Alsace», ses parents lui ont transmis à travers les saveurs et les musiques du quotidien leur amour du Cambodge, qu’ils ont quitté en 1971, alors qu’il n’avait pas un an. «Maman, la princesse Norodom Daravadey, trompait son mal du pays en nous racontant des anecdotes de la cour au temps des rois Sisowath, Monivong et Sihanouk. Papa partageait quant à lui ses souvenirs de l’Armée de l’Air cambodgienne pour laquelle il avait été pilote de chasse». Le jeune Ravivaddhana sait dès lors que «la vie entière n’a de sens que si le Cambodge en fait partie intégrante. Notre famille est destinée à servir nos concitoyens avec dévouement et respect. Quel que soit le métier que j’allais choisir la mère-patrie allait s’imposer comme une évidence dans mon parcours».

Installé en Italie après avoir débuté sa carrière professionnelle au développement commercial de grandes multinationales, Ravivaddhana devient très vite consultant pour les Nations Unies. En 2000, trois ans après avoir posé ses valises à Rome, une mission du Programme Alimentaire Mondial lui permet de renouer avec ses origines. « A Phnom Penh, le bureau du PAM se trouvait sur l’avenue où mes parents ont habité jusqu’à ma naissance. Leur magnifique maison en teck avait été démantelée après l’invasion vietnamienne de janvier 1979 pour servir de bois de chauffe ». Les retrouvailles avec sa cousine la princesse Rattana Devi, petite-fille du roi Sihanouk, ou encore avec la princesse Sisowath Pongneary, sœur du prince Samyl que tous surnomment affectueusement Lolotte, permettent cependant à Ravivaddhana de trouver peu à peu sa place dans ce décor.  En 2016, son cousin le roi Sihamoni le nomme ambassadeur du royaume avec rang de sous-secrétaire d’État. Il travaille dès lors à la promotion des échanges culturels entre l’Italie et le Cambodge. Collaborateur régulier de l’Opera International Magazine, Ravivaddhana a fini par quitter Rome pour sa province, « à Monterotondo. La vie y est plus tranquille et propice à la méditation ». Ses projets tournent désormais exclusivement autour de l’art lyrique. 

« Ma vocation théâtrale est née grâce au marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini,  musicologue que j’ai rencontré voici plus de quinze ans chez notre amie commune, feue la princesse Ira von Fürstenberg. Franco Zeffirelli avait été son mentor. Et j’ai commencé à l’assister dans la mise en scène de Tosca, de Puccini, pour l’Opéra d’Ankara, en 2010. » Le duo ambitionne de faire connaître l’opéra à l’italienne à l’étranger, notamment en Asie du Sud-Est. La Bohème, de Puccini, Lucia di Lammermoor, de Donizetti, et bien d’autres projets, aiguisant son sens de la narration musicale permettent à Ravivaddhana de monter plusieurs spectacles à Phnom Penh. Cavalleria Rusticana, Pagliacci, les créations se succèdent. Jusqu’à Madama Butterfly, « qui se joue il y a deux ans à guichet fermé. Pour ce spectacle, nous avons notamment fait appel à la styliste phnompenhoise Romyda Keth qui a su imaginer des costumes exceptionnels, essentiels au succès de l’opéra ».

Cette année, le prince a choisi s’attaquer à ce monument que représente pour lui Don Giovanni afin d’inaugurer le Festival international d’Opéra de Phnom Penh, créé avec l’équipe des débuts dans le but de démocratiser l’art lyrique au Cambodge. Et pour accompagner le 20è sommet de la Francophonie, qui sera accueilli l’an prochain par la capitale khmère, le Festival a d’ores et déjà programmé La Bohème, de Puccini, dont l’action se déroule au coeur du Paris romantique. En voyant arriver les premiers artistes sur la scène du Naba, Ravivaddhana sourit d’aise et se dirige vers eux pour les accueillir. D’ici peu, quelques accords de violons et autres vocalises s’élanceront dans l’air, trahissant parfois une impatience partagée, celle d’offrir à Phnom Penh un peu de magie.

Fanny Del Volta. 31 décembre 2025

Le marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini et le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, 14 décembre 2025

Photo credits: Jérémie Montessuis et Victor Boissel

Asian Film Festival 2026 in Rome: Best Actor Award Goes to Piseth Chhun

“The award for Best Actor goes to PISETH CHHUN for the film BECOMING HUMAN, for his ability to inhabit a metaphysical space with a human body, bringing us together in our favourite place – the cinema – the Best Actor award goes to Piseth Chhun for Becoming Human and his performance, which transports viewers into the world of cinema as well as the profound social change taking place in a country like Cambodia.” a quotation from the 23rd Asian Film Festival in Rome.

Rome (Italy), 15th April 2026

At 7.30 PM on 15th April 2026, the 23rd edition of Asian Cinema Festival in Rome has come to an end with its traditional awards ceremony. The president of the jury this year was famous television journalist Francesco Maesano and the Kingdom of Cambodia was honoured with the Best Actor Award granted to Piseth Chhun, a young and talented actor for his moving and sensitive interpretation of Hai, a journalist who meets a young girl’s spirit,(played by young and talented Savorn Serak)the guardian of a cinema hall which is about to be demolished in Ly Polen’s poetic movie “Becoming Human”.

The plot: in an abandoned cinema’s former spirit guardian wanders through rapidly transformed landscapes to reach her rebirth. Shocked by the world’s brutality, she must
decide whether to become human again or remain ​a homeless ghost. She meets Hai and they will go through a meditative journey during which they will exchange their point of views on Cambodian society use and habits.

“The award for Best Actor goes to PISETH CHHUN for the film BECOMING HUMAN, for his ability to inhabit a metaphysical space with a human body, bringing us together in our favourite place – the cinema – the Best Actor award goes to Piseth Chhun for Becoming Human and his performance, which transports viewers into the world of cinema as well as the profound social change taking place in a country like Cambodia.” a quotation from the 23rd Asian Film Festival in Rome.


Piseth Chhun said he was first confused, surprised and then very excited in a vidéo message which was cheerfully welcomed by the Farnese cinema audience. He declared he will cherish this award and promised to visit Rome as soon as possible. Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong who is currently ambassador of the Royal Household of Cambodia was kindly requested to receive the award on behalf of Piseth Chhun.

Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong and famous italian television journalist Francesco Maesano at the 23rd edition of Asian Cinema Festival in Rome on 15th April 2026

4th January 2026: Royal Audience with King Norodom Sihamoni

On Sunday 4th January 2026, in Phnom Penh, His Majesty Preah Karuna Preah Bat Samdech Preah Boromneath King Norodom Sihamoni granted me and Marquess Vincenzo Grisostomi Travaglini the honour of a Royal Audience in Khemarin Palace at 10.00 a.m.

“J’ai deux amours” Point de Vue n°3936, 24 janvier 2024

“Brève” dans la rubrique “Quelle Semaine” de l’hebdomadaire “Point de Vue” n°3936, 24 janvier 2024, sous la plume de Fanny Del Volta.

“J’ai deux amours”

“Au théâtre Koh Pich de Phnom Penh, les danseuses du Ballet Royal du Cambodge ont fait parties du prestigieux casting de Madama Butterfly, d’après l’oeuvre de Puccini. Le prince Ravivaddhana Sisowath, co-metteur en scène de la pièce avec le marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini, a souhaité ainsi rendre hommage à son pays et à l’opéra, sa passion depuis toujours.”

10th December 2023: Royal Audience granted by His Majesty King Norodom Sihamoni of Cambodia and Her Majesty Queen-Mother Norodom Monineath Sihanouk to Marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini and His Highness Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong

On Sunday 10th December 2023, in Phnom Penh,  His Majesty Preah Karuna Preah Bat Samdech Preah Boromneath King Norodom Sihamoni  and Her Majesty Queen-Mother Norodom Monineath Sihanouk granted me and Marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini the honour of a Royal Audience in Khemarin Palace at 10.00 a.m.

4 Agosto 2023: Lettera di apprezzamento di Sua Eccellenza Paolo Dionisi, Ambasciatore d’Italia presso il Regno di Cambogia

4th August 2023: Letter of appreciation of His Excellency Paolo Dionisi, Ambassador of Italy to the Kingdom of Cambodia

Unofficial translation:

Your Highness,

as the Ambassador of Italy to the Kingdom of Cambodia, the Kingdom of Thailand and the Lao People’s Democratic Republic, I wish to express to you my highest consideration for your commitment to the many cultural initiatives you have undertaken, in affinity with Maestro Vincenzo Grisostomi Travaglini.
The echoes of Your recent successes in the Philippines have reached here and I truly hope that also in our three countries of accreditation, Italian Opera can be represented at its best, for the benefit of an increasingly attentive and passionate local audience.
Especially, I am glad to know that you are working on an initiative to plan a new production of “Madama Butterfly” in Phnom Penh, which I hope you will be able to realize soon. It would also be a good starting point as part of the celebrations of the Centenary of the passing of Giacomo Puccini, a highly regarded composer in Asia, which will occur in 2024.
With the most fervent wish that your projects may develop with ever greater significance, in a close relationship of cultural interchange with the Kingdom of Cambodia, your native land, and with the other two countries of accreditation, please accept, Your Highness, the expression of my highest consideration.

Paolo Dionisi

To His Highness Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong

“La favolosa storia del Lakhaon Bassac”, un articolo di Sisowath Ravivaddhana Monipong sulla tradizione del teatro cantato in Cambogia in “L’Opera International Magazine”, Giugno 2021

Il leggendario Mekong, “Madre delle Acque” in lingua cambogiana, attraversa il Paese Khmer dal Nord al Sud e la sua rilevanza si può paragonare a quella del Nilo in Egitto. La vita si organizza in-torno a lui, così come le sue onde portano da secoli al popolo cambogiano le ricchezze della natura: pesci in grande quantità, gamberoni d’acqua dolce (le famose “Demoiselles du Mékong”) e verdure prelibate come le “glorie del mattino”, sorta di castagne d’acqua dal sapore pungente. Dal culto dell’acqua nasce la cultura intorno ad essa e non è una sorpresa se la forma di teatro cantato più popolare in Cambogia prende il nome di un fiume: si tratta del Lakhaon Bassac. “Lakhaon” è il termine generico per l’arte del palcoscenico e “Bassac” è il nome di uno dei quattro bracci del Mekong che riparte dal suo confluente, il Chaktomukh, avanti al Palazzo Reale di Phnom Penh, in direzione del Delta del Mekong, nella Cocincina. Territorio diventato ufficialmente straniero da quando la Francia lo cedette al Vietnam nel 1949, infrangendo la promessa fatta nel 1863 dalle autorità del Protettorato coloniale francese allo Stato cambogiano, di riconsegnare alla nazione Khmer le fertili provincie del Sud, chiamate Kampuchea Krom, ovvero la Cambogia meridionale. Il Mekong sgorga dalle mitiche montagne dell’Himalaya e procede attraverso la Cina, il Laos, la Cambogia, fino al Mar Cinese meridionale. Essendo navigabile su gran parte del suo percorso, il fiume sarà il luogo privilegiato di scambi tra le diverse culture di entrambe le sponde.

Gli artisti non fanno eccezione e si dice che da questo transito incessante tra il sud e il nord della Cambogia nacque l’appellativo di Lakhaon Bassac. Il “Bassac”, è la parte più attiva e commerciale del Mekong, perché dà l’accesso al mare.Nella sua forma attuale, il Lakhaon Bassac è originario della provincia di Preah Trapeang, oggi nel sud del Vietnam, dove vivono diversi milioni di anime cambogiane. Sotto la guida delle autorità spirituali del monastero di Wat Ksach Kandal, dove molti intellettuali cambogiani di modesta estra-zione sono stati cresciuti al servizio dei bonzi prima di entrare al collegio, così come vuole la tradi-zione, il Lakhaon Bassac si sviluppò seguendo quelle che erano le usanze secolari della terra fertile e creativa del Delta. Regione che racchiude in sé svariate memorie culturali, dalle quali ha origine questa tradizione, restituita nel tempo in una forma d’arte di palcoscenico, ancora oggi tra le più apprezzate. Queste esibizioni avevano luogo principalmente in occasione di cerimonie e feste di vil-laggi, molto spesso dopo la trebbiatura o i lavori nelle risaie, dal tramonto e sino a notte inoltrata. La prima struttura del teatro cantato cambogiano è indubbiamente riconducibile a quella dell’Opera di Pechino, riconoscibile nell’uso di un trucco dalla simbologia complessa da cui si distinguono i tratti dei personaggi principali, la predominanza nella musica delle percussioni e di potenti gong, l’uso di tessiture molto acute per le figure femminili e molto basse per i Yeak o “Giganti”. Ancora, la regola che i cattivi non devono mai vincere ed i colori molto vivaci dei costumi, tutto questo deriva indiscutibilmente dalla tradizione pechinese. Contrapposta, l’influenza cambogiana si afferma nel repertorio di favole e leggende della tradizione Khmer, nell’uso della grammatica gestuale del Balletto Reale, presente nelle donne protagoniste delle sezioni derivanti dal repertorio popolare; inoltre si attesta nella danza rituale che precede ogni recita, il cui scopo è di compiere tutte quelle cerimonie che conferiscano sacralità allo spazio teatrale, considerate irrinunciabili prima dell’inizio di ogni esibizione.

Un’altra caratteristica del Lakhaon Bassac è di essere una forma di teatro cantato totalmente aperta alle domande del pubblico; per esempio, non è raro assistere a una recita prolun-gata sino a notte tarda, su richiesta degli spettatori, in un dialogo vivace tra pubblico ed interpreti. E’ a questo punto che si scatena il talento degli attori, cantanti e musicisti per l’improvvisazione e la creazione di giochi verbali esilaranti, che accontentano la richiesta di estendere il divertimento. Per-ché esilaranti? Perché la finalità del Lakhaon Bassac è di divertire, quindi, il lieto fine è assolutamente la regola. La trama di una pièce è di solito molto schematica: tutto comincia con un corteggiamento che porta a una storia d’amore, ovviamente tra due giovani di bell’aspetto, che dovranno meritare con le loro gesta il lieto fine. Sopraggiungono nella trama una serie di complicazioni, più rocambolesche l’una dell’altra, con l’intervento di giganti, mostri e divinità improbabili, per poi finire nelle risate generali con la sconfitta delle forze malefiche, sopraffatte dalla potenza del vero amore. Le situazioni tragiche, con crudeli torture e uccisioni sanguinarie, saranno spazzate via dalla dolcezza dell’affetto tra i due giovani. In questo, il Lakhaon Bassac si porge in completa opposizione alla mentalità cambogiana, che richiede un finale tragico affinché si riconosca il valore di un’opera, indipendentemente dalla sua fonte letteraria, che è in ogni caso ampiamente conosciuta dal pubblico, perché ripetitiva. Nel Lakhaon Bassac, non avviene niente di tutto ciò! Il Male è annunciato con rumori assordanti e suoni rafforzati con tamburi e gong; al contrario, il Bene è rappresentato da principi, principesse o semplici contadini, accompagnati da una musica dolce, eseguita con strumenti a corda e piccoli xilofoni di bambù e nel finale la morale è sempre trionfante.

Come già accennato, molto spesso è il pubblico a chiedere il lieto fine, anche se il pezzo di repertorio recitato sarebbe originalmente tragico. Immaginate, come se Romeo svegliasse Giulietta e la tragedia si concludesse con i protagonisti che cantano il loro amore, perché questo diverso finale è stato richiesto dal pubblico! La ragione per la quale il Lakhaon Bassac è la forma d’arte che più si avvicina all’opera occidentale è il fatto che gli attori cantano. Oppure, potremmo invertire il paragone, perché sarebbe più vicino alla realtà affermare che sono i cantanti a recitare, ovvero che il canto è subordinato a una drammaturgia predeterminata, sotto la guida di un regista che dirige anche l’orchestra. I brani musicali sono esclusivamente legati all’azione narrativa: l’arrivo della bella eroina che cerca l’amore ha la sua me-lodia; il corteggiamento, il furore, la tristezza, sono tutte situazioni che si riconoscono prima all’udito, poi con la modulazione della voce dei cantanti e solo infine, con il significato delle parole. La parentela è evidente con la codificazione sofisticata della musica reale, che accoglie nella sua struttura millenaria la digressione artistica, rappresentata dal canto, direttamente interpretato dagli artisti sul palcoscenico e non più dalle lancinanti voci di un coro di vecchie donne. La pantomima originale prende vita in una nuova forma d’espressione che consente la partecipazione diretta del pubblico, che batte la misura, riprende i ritornelli e ride alle battute. Di più, il repertorio è maggior-mente flessibile: nel senso che ogni compagnia, ogni regista, ogni interprete, ha il diritto di uscire delle regole imposte dalla tradizione, per creare un proprio stile originale, introdurre parole in lingua straniera per effetti comici e dare una sorta di nuovo impulso a una vicenda vista e rivista per l’ennesima volta. Seguendo questa prassi, si può ben dire che la trama del dramma originario è se-condaria al come questa viene riconsiderata dagli interpreti e dal regista, specialmente su desiderio degli spettatori. Il talento degli artisti del Lakhaon Bassac rende ognuno di loro in palcoscenico una persona reale, totalmente al contrario di come avviene per le ballerine di corte che, seguendo inesorabilmente la sorte di serve divine, rapiscono i presenti in una coreografia astratta e complessa. Nella rappresentazione di corte il pubblico popolare difficilmente è in grado di comprendere tutti quei codici segreti che la compongono e che vengono espressi per simboli, in un linguaggio riservato a un sublime areopago di pochissimi eletti.

Più piacevolmente, il Lakhaon Bassac invita ad entrare in un mondo favolistico, certamente, ma anche molto vicino alla realtà di tutti i giorni. Vi si sente la vera voce degli attori/cantanti che sono sul palcoscenico. Sono esseri umani che esprimono dei sentimenti, che recitano dei personaggi di una storia ben conosciuta che, però, rispondono direttamente alle richieste di un pubblico scherzoso e pronto a rilanciare il dialogo in una comunione ininterrotta tra palco e platea, con risate e stupore. Nel teatro cantato in Cambogia, il concetto del Male non è mai assoluto. Regola primaria, come detto, il Male non deve mai vincere e conformemente al personaggio che incarna, l’interprete riprovevole è sempre in preda a moltissimi dubbi. Il maligno si lascerà pur sempre influenzare dalla benevolenza che si nasconde nel proprio cuore e quanto prima, si ritroverà sacrificato sull’altare della derisione, per il grande piacere dei giovani, sempre numerosi tra il pub-blico. Il segreto della sua popolarità risiede nell’universalità di proposte e nella diversità delle letture di antiche leggende, rimodellate e attualizzate al gusto del momento, qualche volta, anche, intro-ducendo fatti d’attualità, procedimento finalizzato a rendere l’uditorio ancora più partecipe. Come tutte le arti del palcoscenico, il Lakhaon Bassac presenta anche un aspetto sacro. Prima di ogni recita, si tiene la cerimonia del Hom Rong, che al contrario del Sampeah Kru del Balletto Reale è realmente danzato e cantato. In effetti, nella tradizione reale, il Maestro di cerimonia chiama il Dio Vishnu e lo spirito di tutte le passate Maestre di ballo dalla notte dei tempi, ad accompagnare le ballerine verso la trascendenza della comunicazione con il Divino, grazie all’intercessione della sa-cralità del sovrano. Invece, per il Lakhaon Bassac, il capo della compagnia chiama gli spiriti degli antenati degli artisti per assicurare il successo, per rendere il fascino esercitato sul pubblico ancora più incisivo, per trarne gloria e … guadagno! Perché dal buon risultato dipende l’incasso della serata e per avere successo bisogna cantare bene, perché l’artista sarà giudicato per la sua voce ed espressività, nella sua abilità a usare le corde vocali per emozionare l’uditorio.

La trama della storia ha poca importanza! Secondo un protocollo ben preciso, ogni protagonista al momento della sua comparsa in palcoscenico si presenta al pubblico con scarse parole, recitando un piccolo riassunto della sua condizione. In questo modo, gli spettatori sapranno a che punto della leggenda o della sto-ria si trovano, perché molte pièce del repertorio sono generalmente lunghissime e necessitano di più serate per poterne narrare la trama dall’inizio alla fine. Poi, l’orchestra incomincia a suonare e soltanto dopo l’introduzione musicale, l’attore diventa cantante e qui si giocherà di volta in volta la sua reputazione. Guai a colui che avrà un “incidente” di percorso (dimenticanza del testo versificato, voce troppo acuta per i maschi, troppo grave per le donne, ecc…). Il pubblico, costituito in maggioranza da contadini, in gran parte venuti da villaggi lontani portando con sé i bambini e le provvigio-ni, non perdonerà nessuno sbaglio. Invece, se l’attore/cantante riuscirà a farlo piangere, ridere o per i bambini spaventare (per i ruoli dei giganti), lo scopo sarà raggiunto e molti chiederanno di proseguire lo spettacolo nella parte improvvisata, segno che gli artisti hanno conquistato il cuore di ogni membro della comunità. Queste piccole compagnie teatrali sono nomadi per essenza e per scelta. Ci sono quelle che vagano lungo il fiume, da un villaggio all’altro, offrendo la loro arte in cambio di cibo e di alcool di riso. Alleando una capacità commerciale sorprendente per vendere il loro spettacolo a delle conoscenze tecniche, per montare una pedana, un fondale e sistemare le luci, condizioni essenziali per il successo della recita all’aperto. Questi uomini e donne, al tramonto, si trasformano in artisti genuini, truc-candosi secondo tradizioni secolari per l’intrattenimento dei loro concittadini. Poi, ci sono le compagnie più grandi, che sono sotto la protezione di uno o più mecenati, avendo la fortuna di vivere in un luogo sedentario.

Tale, fu il caso del più famoso gruppo di Lakhaon Bassac, riunitosi sotto la guida dell’ultima moglie di Sua Maestà Re Sisowath Monivong (1875-1941), la bellissima Khun Preah Meneang Bopha Norleak Yinn Tat, detta Khun Tat, che dal 1941 alla sua morte, nel 1969 , diresse nel quartiere di Psa Sileb a Phnom Penh il più noto teatro dedicato al Lakhaon Bassac. Si trattava di un teatro all’europea, con delle sedie “di platea”, delle pedane aggiunte nel fondo della sala a più livelli di panchine. Di fronte al palazzo dove era situato il teatro, numerosi mercanti am-bulanti di cibo popolare offrivano tutte le sere i loro alimenti con gradimento del pubblico, numeroso e affamato. I più ricchi si facevano servire al ristorante cinese, all’angolo della strada. Poi, verso le 19h00, cominciava lo spettacolo: la prima esibizione era sempre una danza della tradizione popolare che preludiava con un ritmo sostenuto alla rappresentazione dell’opera vera e propria, tratta da leggende cambogiane o cinesi, recite che potevano durare diverse ore. Alla morte di sua nonna, Khun Tat, il figlio prediletto di Sua Maestà il Re Norodom Sihanouk, il principe Norodom Naradipo, riprese la gestione del teatro, aggiungendovi un’influenza parigina, con sfarzo di piume di struz-zo, di pavone e tante paillettes, alla maniera del Lido. La destituzione di suo Padre e la caduta della monarchia misero fine ai sogni del giovane principe-artista, che scomparirà tragicamente assassinato dai comunisti di Pol Pot nel 1975.Dal 1979, gli artisti sopravvissuti al genocidio e dopo la restaurazione monarchica si sono ritrovati sotto il patrocinio dell’Università Reale delle Belle Arti a Phnom Penh e in altre importanti città della provincia. Ovviamente, lo sviluppo dei mezzi di comunicazione ha permesso al Lakhaon Bassac di raggiungere più spettatori attraverso la radio e la televisione. Il suo successo non si è mai smentito, malgrado l’irruzione nel Regno di serie televisive straniere (essenzialmente indiane, cinesi o thailandesi) e il cuore dei giovani cambogiani continua ad esserne rapito, conservando il successo conferito dai loro antenati a tale forma di teatro cantato, del tutto originale.

His Royal Highness Prince Norodom Naradipo (1946-1975)

Questa tradizione cambogiana del recitare e cantare è la forma più vicina all’opera italiana; per questo il Ministero della Cultura del Governo del Regno di Cambogia ha delegato uno dei maestri di Lakhaon Bassac per scegliere una decina di giovani, dediti a questa arte, per partecipare alla prima opera mai presentata nella sua integralità nel Paese dei Khmer: nel 2018 Cavalleria rusticana di Pietro Mascagni, nel quadro del Cambodia Opera Project, sotto l’alto patrocinio di Sua Maestà il Re Norodom Sihamoni. L’esperienza sarà ripresa nel 2019 con Pagliacci di Ruggero Leoncavallo per la grande gioia dei giovani attori/cantanti cambogiani, che attraverso questa esperienza hanno acquisito, con la massima serietà e disciplina, le vicissitudini e le soddisfazioni legate all’elaborazione di un’opera lirica all‘Italiana. La pandemia ha cancellato tutti i spettacoli dal vivo anche in Cambogia, ma la richiesta rimane, sia da parte delle Istituzioni governative che dalla gioventù del Paese, per il proseguimento di queste esperienze multiculturali che, nel loro sincretismo quasi spirituale, potrebbero dare nascita nel futuro a una nuova forma di cantare e recitare lungo le rive del maestoso Mekong! Chi può saperlo?! Sarebbe un’ulteriore opportunità di arricchimento per un dialogo tra diverse culture e di au-gurabile occasione per tanti giovani che desiderano aprirsi a sempre nuove esperienze di mondi, tra la Patria della Lirica europea e quella del Teatro cantato del Mekong; forse, solo apparentemente lontani.

Sisowath Ravivaddhana Monipong

“L’Oriente per l’Oriente”, un articolo di Sisowath Monipong in “L’Opera International Magazine”, Maggio 2021

Dopo una prima puntata alla ricerca delle eroine orientali, così come percepite dai maggiori compositori d’opera, era giusto mettersi in viaggio per incontrare le cantanti dell’Asia misteriosa, di coloro che diedero vita sul palcoscenico a queste donne immaginarie del lontano Oriente, personaggi forti e fragili, creati da celebri musicisti europei, per poi essere elogiate interpreti di alcuni tra i ruoli più famosi del repertorio universale. Il rapporto tra la personalità della cantante asiatica e l’archetipo della donna, secondo i canoni della musica occidentale, metterà in moto numerosi impulsi creativi di direttori e registi, la cui sensibilità segnerà la differenza agli occhi di un pubblico eterogeneo e alternativamente di diversa formazione.Prima dell’inizio del Novecento la lirica europea non era conosciuta nel Sud-Est Asiatico. Questa cultura, cosi come si era sviluppata in Occidente, si era fermata ai confini dei loro imperi, mentre l’introduzione nei secoli precedenti in Cina era stata uno dei pochi effetti positivi del colonialismo anglosassone e francese. La musica occidentale fu introdotta alla Corte Imperiale di Pechino già nel 1711, grazie a Padre Teodorico Pedrini, lazzarista e musicista, inviato da Papa Clemente XI su richiesta dell’Imperatore Kangxi. Sarà un musicologo e gesuita francese, Padre Joseph-Marie Amiot, a succedergli nella seconda metà del ‘700. Sappiamo che Pedrini, oltre a comporre sonate e arie, portò alla Corte Imperiale clavicembali, organi e tanti altri strumenti, mentre Amiot aveva studiato e sostenuto la trascrizione di arie cinesi in partiture all’occidentale, pubblicate per la prima volta in Francia nel 1779. Aggiungiamo a questi fatti storici che la tradizione cinese, e per estensione coreana e giapponese, privilegia l’esistenza e la celebrità di un teatro cantato, detto Opera di Pechino, Teatro No, ecc. , nato per divertire e quindi era più facilmente recettiva alla diffusione di nuovi linguaggi, mentre questa intromissione, che fu avvertita come una contaminazione, non si produrrà nei territori del sud e sud-est dell’Asia, perché qui le arti del palcoscenico restano indelebilmente legate alla sacralità e alla sola pantomima, perché una ballerina sacra non deve fare sentire il suono della sua voce. Come nelle tradizioni greche dell’antichità, la musica del ballo per gli Dei è accompagnata solamente da un coro e non da una o più voci soliste.

Questa dicotomia nella concezione della musica cantata sul palcoscenico è un’ipotesi per spiegare il ritardo nella conoscenza del melodramma nei paesi del Sud-Est Asiatico. Quindi, non deve sorprendere se le prime donne asiatiche a studiare e cantare Mozart o Puccini furono originarie della Cina, Corea e Giappone. La primissima cantante cinese conosciuta è Zhou Xiaoyan, nata nel 1917 a Wuhan in una ricca famiglia d’imprenditori, che molto velocemente svilupperà le sue doti per il canto, con tessitura di soprano di coloratura; dal 1935 è al Conservatorio di Shanghai e poi a Parigi, dove salirà finalmente sul palcoscenico della prestigiosa Opéra Garnier per un concerto nell’ottobre 1945, conquistando il difficile pubblico parigino a tal punto da ricevere dalla stampa francese il glorioso elogio di: «usignolo cinese». Poco dopo, nel 1947, tornerà in Cina per divenire una brillante insegnante al Conservatorio di Shanghai, fino al decennio della Rivoluzione Culturale che metterà fine a qualsiasi forma di attività artistica non legata alla propaganda del Partito Comunista Cinese. Con l’apertura politica della fine degli anni ’80 del Novecento, sempre a Shanghai, Zhou Xiaoyan fondò il Centro per l’opera lirica Zhou Xiaoyan e toccherà l’apice del successo con un “suo” Rigoletto, all’alba del 1990, prima artista cinese a mettere in scena un’opera per il pubblico della sua terra. Deceduta nel 2016, Zhou Xiaoyan sarà ricordata come la grande precorritrice della lirica nel mondo cinese. I suoi allievi canterano nei più famosi teatri del mondo, dal Metropolitan di New York, al San Francisco Opera; in Europa a Bologna, Vienna e Francoforte. Ancora oggi, i giovani cantanti la venerano come una vera diva: la Dea della Lirica. Gli anni ’80 del Novecento porteranno all’esordio di un’altra stella d’Oriente, la bella e affascinante Sumi Jo di origine coreana, il cui vero nome è Jo Su-Gyeong. Nata nel 1962 a Changwon, Sumi Jo venne a Roma all’inizio degli anni ‘80 per frequentare il Conservatorio di Santa Cecilia studiando canto e pianoforte; suoi maestri Carlo Bergonzi e Giannella Borelli. Determinante per la sua formazione sarà l’incontro con Elisabeth Schwartzkopf, che imprimerà alla sua arte quel taglio di raffinatezza che la contraddistingue. Nel 1986 Sumi Jo debutterà in Europa nel ruolo di Gilda in Rigoletto di Giuseppe Verdi al Teatro Comunale di Trieste e sarà questa prestazione ad attrarre l’attenzione del celebre direttore Herbert von Karajan, che l’inviterà nel 1989 a cantare quale Oscar ne Un ballo in maschera al Salzburg Festspiele, in compagnia di Placido Domingo. Karajan disse che la sua voce era: «un dono divino». Sumi Jo è considerata la più grande cantante asiatica riconosciuta nel mondo della lirica contemporaneo e non si contano i premi dei quali è stata insignita nel corso della sua brillante carriera. Se la Corea ci ha donato Sumi Jo, seguita da Vittoria Yeo e Lilla Lee, per citare solo tre delle eccellenze originarie del Paese del Calmo Mattino, grazie alla fama universale di Giacomo Puccini e della sua nobile eroina costretta per necessità ad essere una Geisha, Cio-Cio-San, il Giappone aveva dato i natali con mezzo secolo di anticipo alla prima cantante asiatica che attraverserà mari e continenti, per rapire i cuori dei melomani d’Europa e d’America. Si tratta della dolce e discreta Tamaki Miura. Nata nel 1884 da una famiglia molto tradizionale, la giovane Tamaki imparò il canto e la danza tipici giapponesi. Nel 1900, dopo essere entrata nella prestigiosa Tokyo Music School, fu costretta dal padre a sposare un medico dell’esercito che, a causa della sua origine più umile, le avrebbe dato l’opportunità di essere mantenuta degnamente. Molto presto la fanciulla, però, decise di fare del canto il proprio mestiere e chiese il divorzio per essere libera di seguire la sua vocazione. Dopo il diploma, si consacrò all’insegnamento della musica e del canto. Si risposò nel 1913 con un medico civile e la giovane coppia partirà per Londra, per proseguire per Berlino. A Londra sarà il famoso, eccentrico tenore e direttore d’orchestra russo Vladimir Rosing a darle l’opportunità di cantare per la prima volta in quello che sarà il ruolo di tutta la sua vita di palcoscenico: Cio-Cio-San. Successivamente, debutterà nel medesimo ruolo negli Stati Uniti, a Monte-Carlo, Barcelona, Firenze, Roma e ovunque sarà applaudita protagonista dell’opera pucciniana e dell’Iris di Mascagni. Il suo destino quale primadonna di origine giapponese in campo internazionale, commuoverà ancora di più l’anima dei suoi conterranei, quando farà la sua ultima comparsa sul palcoscenico, sempre nel ruolo di Madama Butterfly, già gravemente malata. La sua sorte fu paragonata al funesto fatum dell’Impero del Sole Levante, schiavizzato dall’oppressore straniero dopo le due bombe atomiche di Hiroshima e soprattutto di Nagasaki, luogo d’ambientazione del capolavoro di Puccini. La sua ultima prestazione fece piangere il pubblico dell’Hibiya Kōkaidō di Tokyo due mesi prima della sua morte, nel marzo del 1946, talmente la cantante si era identificata all’agonia della propria nazione. La lista delle cantanti che seguiranno l’esempio di Tamaki Miura è ben lunga, ma basti ricordare Michiko Hirayama e Yoko Watanabe, vere precorritrici dell’arte operistica in Giappone, che apriranno la strada alle giovane speranze della lirica nipponica, tra queste Naoko Matsui e Kyori Oshida.

Iwasaki Ai (photo credits: Helmut Stampfli)

Ci sono altre cantanti giapponesi che hanno scelto di dedicarsi alla diffusione della cultura dell’opera lirica italiana nell’Asia del sud-est, che potremo definire veri e propri pionieri, quale ad esempio Ai Iwasaki, giovane soprano di Tokyo che ha studiato lirica in Italia con William Matteuzzi e Lucetta Bizzi, dopo essersi diplomata in musicologia alla prestigiosa Università di Showa a Tokyo. Da dieci anni Ai Iwasaki si è assunta il compito di portare la lirica in Cambogia realizzando il Cambodia Opera Project, che ha portato sul palcoscenico di Phnom Penh per la prima volta in assoluto nel 2017 Cavalleria rusticana di Pietro Mascagni e nel 2019 Pagliacci di Ruggero Leoncavallo, oltre che dedicarsi all’insegnamento all’Università Reale delle Belle Arti, dando così impulso al gusto per l’opera nella gioventù di una monarchia rinascente, dopo un tragico genocidio e molti anni di guerra. Un altro paese che molto spesso viene dimenticato nell’elenco patrio delle dive asiatiche è la Repubblica delle Filippine. Il gusto per la musica classica occidentale dell’arcipelago risale alla colonizzazione spagnola, con l’arrivo dal diciassettesimo secolo di missionari e nobildonne dalla penisola iberica. Ovviamente, l’arte della lirica si sviluppò soprattutto nelle città principali di Manila e Quezon City, in un coinvolgimento non solo d’interpreti, ma anche nel fiorire di giovani musicisti che composero nello stile classico all’occidentale. Quando il Paese passò sotto l’influenza statunitense all’inizio del ‘900, venne a crearsi un vero e proprio trauma culturale e molti filippini si sentirono, ancor di più, investiti della missione di portare avanti la propria vocazione rivolta alla grande musica europea. Jovita Fuentes, nata nel 1895, fu la prima donna filippina a cantare l’opera sotto l’impulso della sua maestra di canto, l’italiana Salvina Fornari. Dopo essere stata professoressa di canto all’Università di Manila, decise di recarsi a Milano nel 1924 per migliorare la sua tecnica, sia di canto che di recitazione, sotto la direzione di Arturo Cadore e Luigi Lucenti. Nel 1925, cantò Cio-Cio-San al Teatro Comunale di Piacenza, poi parti per altri paesi europei e, in seguito, per gli Stati Uniti, dove la sua fama crebbe con celerità. Fu una delle rare interpreti asiatiche della sua epoca a impersonare anche Mimì e Salome, evadendo dalla simbolica prigione di Madama Butterfly, considerato da molti l’unico ruolo idoneo per una donna orientale! Prima donna filippina ad esserne insignita, nel 1976 fu riconosciuta ufficialmente dal Governo Nazionale Tagalog: Artista Nazionale della Musica. Fu Isang Tapales a raccoglierne l’eredità, ovviamente cantando Madama Butterfly. In seguito fondò la prima compagnia filippina di lirica: The Philippine Opera Company. La figura, però, che principalmente marcherà il pubblico del secondo dopoguerra sarà incontestabilmente Mercedes Matias-Santiago. Nata nel 1910, la piccola Mercedes crebbe in una famiglia di melomani, appassionati di opera. Molto spesso ebbe occasione di assistere a recite d’opera al Manila Grand Opera House. Nel 1928, si era trasferita a Milano per apprendere la giusta tecnica del Bel Canto all’italiana e prima di tornare in patria ebbe l’onore di cantare davanti al re d’Italia Vittorio Emanuele III e al Duce. Il suo repertorio spaziava da Gilda (il suo debutto in Italia è del 1930 a Torino) a Violetta, Amina, Rosina e tanti altri ruoli, ma il suo personaggio preferito era Lucia. Al tramonto della sua vita, in un’intervista rilasciata al giornalista Pablo A. Tariman, affermerà: «La mia vita è un poco come Lucia di Lammermoor (…) un poco triste, un poco tragica … un poco romantica!». Mori nel 2003, lasciando un ricordo indimenticabile di donna irresistibile, alla quale il Presidente filippino Manuel Acuña Roxas aveva inviato un mazzo di fiori immenso, alto più di due metri, con la dedica: «All’usignolo delle Filippine».

L’ultimo trionfo operistico a Manila prima della pandemia nel gennaio 2020 è stato proprio con Lucia di Lammermoor. Il ruolo della protagonista era sostenuto dallo spumeggiante soprano francese Melody Louledjian, ma questa volta era Edgardo ad essere filippino, il seducente e molto popolare tenore Arthur Espiritu, con sul podio il maestro Alessandro Palumbo, giovane promettente direttore della migliore scuola italiana e con il maestro Vincenzo Grisostomi Travaglini che, qualche mese dopo il successo di Pagliacci in Cambogia, si era dedicato con passione alla regia del capolavoro di Donizetti a Manila!Rimane ancora tanto da fare per diffondere la cultura della lirica italiana in Estremo Oriente, ma gli ultimi anni hanno dimostrato il desiderio della gioventù di essere coinvolta nell’emozione universale di questa arte. Anni or sono, durante una recita di Macbeth al Teatro Bunka Kaikan di Tokyo in una produzione realizzata da italiani, protagonisti il baritono giapponese Yasuo Horiuchi e il soprano Francesca Patanè, figlia del celebre direttore d’orchestra, all’apparire degli Otto Re, con effetto del tutto originale, uno dei dirigenti della Japan Opera Foundation – Fujiwara Opera, disse che solo in quel momento aveva veramente capito perché solo degli europei erano in grado di trasmettere in modo così efficace l’originale essenza dell’opera; una forma d’arte, però, che oramai apparteneva di diritto a tutti i popoli, agli artisti di ogni nazionalità che ne sapevano restituire personali, quanto legittime ed emozionanti interpretazioni.Queste affascinanti cantanti asiatiche devono essere ricordate, donne e protagoniste d’eccezione di Puccini, Mascagni o Léo Delibes, per fare soli pochi esempi, quale espressione più significativa della speranza, non solo come disse Dostoevskij perché: «la bellezza salverà il mondo», ma soprattutto nella convinzione che la lirica e la musica avranno sempre più un ruolo fondamentale nella condivisione delle arti tra i popoli.

Sisowath Ravivaddhana Monipong

“Incarnazione divina sulla terra”, un articolo di Sisowath Ravivaddhana Monipong nella rivista “L’Opera International Magazine” di Aprile 2021

L’esotismo nell’opera lirica apre degli orizzonti non solo all’udito, ma anche alla creatività dell’artista. Il musicista si mette a passeggiare nelle differenti gamme dei suoni, il costumista si lascia andare ad abbinare dei colori, tessuti, ricami che non avrebbe sognato di mettere insieme e il pubblico è preso dalla magia dello spettacolo, pur sempre unico, ma che lo trasporta in una realtà onirica, forse meglio dire in un sogno magico, che neanche la scesa del sipario finale riuscirà a togliere dalla mente. Che cosa dire, allora, se questo momento incantevole è portato dalla personalità straordinaria di una protagonista arrivata dal misterioso Oriente, un’eroina sensuale e maledetta che vi apre il suo mondo, le sue braccia e la sua intimità? Questo è il viaggio che ci porterà a conoscere meglio queste donne sublimi della lirica, in un primo tempo attraverso i loro”avatar” – infatti, perché non usare questo termine sanscrito che significa “incarnazione divina sulla terra” per definire le eroine asiatiche della lirica? – per poi, in una seconda puntata, incontrare le cantanti illustri di origine asiatica, che hanno creato e reso immortali queste figure mitiche della storia della musica.

Quando nasce la lirica in Occidente, l’Oriente comincia con la Sublime Porta e l’Impero ottomano. Le prime opere che mettono in scena delle donne fatali orientali fanno intervenire queste figure femminili, spesso languide e inesorabili, a chi si lascia trascinare al loro seguito sul camino della passione carnale. Però, prima di arrivare alla crudeltà dell’amore deluso di queste creature, cominciamo il nostro viaggio dal 1670 alla corte di Francia, dove due menti geniali dell’epoca, Molière e Lully, uniscono i loro talenti per creare la comédie-ballet intitolata Le Bourgeois gentilhomme. Ancora oggi, l’esilarante scena della nomina di Monsieur Jourdain quale Mamamushi rimane come un momento indimenticabile di umorismo feroce della letteratura francese. Da notare che lo stesso Lully partecipò alla prima nel ruolo del Grande Mufti. Le donne orientali si limitavano a dei ruoli di comparse e cortigiane, che facevano parte della corte del Mufti. Nel 1735, Jean-Philippe Rameau riprenderà l’ispirazione esotica nelle sue famose Les Indes Galantes che saranno accolte trionfalmente, soprattutto grazie al sontuoso allestimento dell’Italiano Giovanni Servandoni. Zaire, Fatime, Roxane sono delle donne protagoniste, ma non arrivano ancora a rapire il cuore del pubblico, che gli preferisce l’audace uso del travesti, insieme agli splendidi balletti. Dovremo aspettare le opere di Mozart per vedere emergere delle figure femminili pseudo-orientali di rilievo, che rimangono pur sempre delle donne spiritose e di classe, usando il fascino dell’Oriente, quali Dorabella e Fiordiligi in Cosi fan tutte o contro la propria volontà, come Konstanze ne Die Entführung aus dem Serail, per ingannare gli innamorati e sedurre il pubblico. La vera prima eroina asiatica che emerge nella lirica occidentale è Laméa, danzatrice sacra, devota del Dio Brahma nell’opera Les Bayadères del francese Charles-Simon Catel del 1810, basata sulla novella di Voltaire L’éducation d’un prince. Oltre al carisma dell’interprete, il famoso soprano Caroline Branchu, lo spettacolo fu un grande successo anche grazie al lusso dell’allestimento e al libretto molto romantico che finisce con un fastoso matrimonio tra Laméa, liberata dai suoi voti di bayadere e il suo disperato innamorato. Il personaggio di Laméa è caratterizzato da una fede esemplare, un fascino dovuto al suo statuto di donna inaccessibile del lontano Oriente. In effetti, fino all’inizio dell’Ottocento, compositori quali Mozart o Grétry, si limitarono geograficamente all’Impero ottomano o all’Egitto. Con Catel, le frontiere della lirica si spingono fino alla lontana India. Il suo esempio sarà seguito, dieci anni più tardi, dal giovane Franz Schubert con un’opera incompiuta Shakuntala, su libretto di Johann Philipp Neumann, ispirato lontanamente dal personaggio del Mahabharata, prolisso e famosissimo poema epico indiano, dove Shakuntala è disperatamente innamorata del re Dushyanta che, nonostante l’ami, deve lasciarla per andare a combattere con gli Dei. Shakuntala è una donna di essenza divina. Sua madre, Menaka, è una Apsara, ninfa delle acque e danzatrice celeste, prima creatura nata dalla zangolatura dell’Oceano di Latte. Le sue origini non permettono di accedere alla semplice felicità umana; invece, lei può insegnare il senso della bellezza e le arti della danza, ma i suoi sentimenti non saranno mai appagati. Ovviamente, una tale storia non poteva che ispirare un giovane romantico quale Schubert, ma purtroppo l’opera rimarrà incompiuta.

Un secolo dopo, quello stesso Alfano che comporrà il finale di Turandot, tenterà di riprendere il mito di Shakuntala senza, però, poter rendere il mistero e la disperazione di questa donna, metà umana, metà ninfa, dal destino tortuoso e tragico.Quando Georges Bizet scrisse Les pêcheurs de perles nel 1863, la Francia è diventata il secondo impero coloniale al mondo e numerosi avventurieri cominciavano a riportare dall’Indocina racconti e tesori dal sapore speziato. Il giovane compositore ha appena venticinque anni e l’Opéra-Comique gli commissiona un lavoro su di un tema esotico a lieto fine. Cosi nasce la prima opera di Bizet, che sarà accolta con riserva sia dal pubblico, sia dalla critica, nonostante l’appoggio dell’amico Hector Berlioz e del potente Ludovic Halévy, cugino della futura sposa dello stesso Bizet: Geneviève Halévy. Leila, la protagonista dell’opera è, una volta ancora, una danzatrice sacra, adoratrice di Dio Brahma, ma è conosciuta per il suo canto magico che protegge i pescatori di perle dell’isola di Ceylon (attuale Sri Lanka). Leila è amata da due uomini, Nadir e Zurga che hanno ufficialmente rinunciato a lei. Invece, Nadir l’ha rivista segretamente e quando Leila arriva nel loro villaggio, Zurga viene a saperlo e minaccia di uccidere i due amanti. Dopo aver riflettuto, Zurga si ricorda che Leila in passato ha salvato la sua vita e crea una diversione, bruciando il villaggio, lasciando Nadir e Leila fuggire in mezzo al panico creato dall’incendio. L’opera è soprattutto famosa per la romanza del tenore Je crois entendre encore… però la parte più emozionante rimane l’invocazione di Leila O Dieu Brahma, preghiera intensa dai toni cristallini. Osserviamo, quindi, che nella lirica dell’Ottocento, la donna asiatica è vista come una serva degli Dei, un’incarnazione umana della sostanza divina che inganna l’uomo con i suoi poteri magici, che la portano a una certa facilità nel sedurre l’essere umano e a sottometterlo alla sua passione carnale, in totale contraddizione con la sua devozione al Divino. Nell’inconscio occidentale dell’epoca, l’Asia è la fonte di tesori straordinari e di misteri oscuri. I racconti di viaggio, da Marco Polo a Pierre Loti, ci trasportano in mondi favolosi, dove la lascivia più spinta coabita con la devozione più genuina. La figura della Bayadère, della Ninfa celeste o Apsara sarà ripresa da cortigiane famose quali Cleo de Mérode o Mata Hari nelle loro coreografie dai colori erotici.

Questa reputazione al profumo di zolfo della donna asiatica sarà radicalmente cambiata dall’arrivo di un immenso compositore: Giacomo Puccini.Cho-Cho-San, Turandot e Liù sono le tre figure più citate, se ci si diletta a chiedere al pubblico chi siano, in primis, l’eroine asiatiche della lirica. Tra le romanze più famose del Novecento, ovviamente Un bel di vedremo, Straniero, Ascolta e Tu che di gel sei cinta sono la quintessenza della nuova caratterizzazione della donna asiatica nella lirica occidentale. Tre protagoniste fragili e dedicate nelle loro emozioni, tre sensibilità con un vero cuore, anche se ciò, nel caso di Turandot, rimane celato, almeno sino a dove il compositore l’ha accompagnata. Non c’è più l’ideale divino, finita la lussuria esplicita: tutto diventa dolore, supplica, voglia di trovare l’amore assoluto nella negazione di se stessa. In un certo senso, queste eroine pucciniane sono l’espressione reale di una sottomissione svelata della donna ai suoi lati più delicati, come se fossero quelli più autentici, che la scrittura musicale mette in scena nella maniera in assoluto più drammatica. Due su tre muoiono disperate, in un suicidio per amore, l’unica strada per compire il loro destino maledetto. Questo mito della donna asiatica sottomessa (perché sì, è davvero un mito !) sarà esteso al teatro, al cinema del XX secolo. Anche nei “musical” di Rogers & Hammersteins degli anni 1950, l’eroine asiatiche di South Pacific o The King and I avranno questo stampo di sottomissione al destino e all’amore infelice.

Perché questo cambio d’immagine?Dal punto di visto asiatico, l’analisi raccoglie diversi aspetti da tenere in considerazione. In primo luogo, la Donna è sempre l’origine, la fonte essenziale della vita. Quindi, il suo legame col Divino è indissolubile e riconosciuto dall’India al Giappone. Il suo potere di seduzione sull’uomo è innegabile; però la donna asiatica è anche la guardiana dell’onore della sua stirpe, perché la sua virtù è la garante della fama della sua famiglia. Indulgere troppo visibilmente nei sentimenti non le appartiene. Ancora più improbabile il suicidio, se non indotto dalla pratica rituale come, per esempio, lo era in India con il togliersi la vita delle vedove sul rogo funerario del marito defunto o in Giappone con il Sepuku. Ammettendo che l’opera lirica sia il luogo dell’esaltazione delle passioni umane, la donna asiatica diventerebbe allora la personificazione estrema della dualità femminile, tra la custodia delle tradizioni e la volontà di seguire il suo cuore a qualsiasi costo. Il lettore si prenderà la cura di elaborare la sua conclusione personale sull’argomento.Al contrario della visione pucciniana della donna asiatica, più o meno allo stesso tempo, nel 1898, Pietro Mascagni, lasciando l’ispirazione verista, si abbandona alla moda dell’orientalismo e compone questa opera molto particolare intitolata Iris. La protagonista eponima è una fanciulla idealista, che cade in una trappola per poi essere portata in una casa di piacere in Giappone. Dopo molte peripezie, la povera ragazza, rovinata dalla vergogna, si suicida, ma il Sole la trasforma nel fiore che oramai porterà suo nome. Il simbolismo della donna che rinuncia alla vita pur di preservare il suo onore e che, poi, è salvata dagli Dei per diventare l’incarnazione di una pianta o fiore richiama la tradizione greca antica, ricordando i miti di Apollo e Dafne o ancora Narciso. Iris, oltre ad essere la celebrazione dell’archetipo della vergine pura e fedele, è il pretesto a un viaggio iniziatico nei sentimenti e l’Oriente offre l’occasione al compositore di privilegiare le sensazioni nella loro genuinità originale per legarli alle armonie musicali, suscitando cosi emozioni profonde che superano l’interesse superficiale per una trama, alla conclusione, facilmente prevedibile.Nell’evocare la descrizione della misteriosa Asia nello spirito della lirica occidentale, esiste un capolavoro, che mette in scena l’incontro tra le due civiltà, tenendo conto delle tradizioni del mondo orientale con la ricettività di un pubblico occidentale: Lakhmé di Leo Delibes. L’ambientazione nelle Indie occupate dall’esercito britannico negli anni ’80 dell’Ottocento rende naturale il confronto tra le due tradizioni. Il fascino dell’uomo in divisa, la sorte tragica della coppia innamorata e la musica particolarmente curata fanno di questa opera l’apice dell’incontro in palcoscenico tra l’Asia e l’Europa.

L’estetica stessa della messa in scena, il ruolo dei fiori nella vita quotidiana, dal sacro dei petali raccolti per i rituali al fiume sino al fiore di Datura, veleno ultimo che permette alla giovane figlia del sommo sacerdote di raggiungere nell’aldilà l’amante mortalmente ferito dal padre, rendono Lakhmé una rappresentazione quasi perfetta della simbiosi armonica tra i due mondi, grazie all’intuizione del compositore di mischiare sentimenti espressi in musica con una trama semplice, plausibile e che già prelude al sacrificio di Cho-Cho-San che seguirà, anche qui, un Duetto dei fiori tra la protagonista e la sua servente Suzuki che riflette, in un eco onirico, i petali rituali lanciati dalle ballerine reali cambogiane nei giardini del Palazzo dell’Elysée, un quarto di secolo dopo. A proposito, chissà cosa avrà pensato Sua Maestà Re Sisowath la serata del 25 giugno 1906 quando, durante la sua visita di stato in Francia, fu invitato con la Sua famiglia ad assistere a una rappresentazione di Samson et Dalila di Camille Saint-Saëns nella prestigiosa Opera Garnier? Si sussurra, nei ricordi della famiglia reale di Cambogia, che il sovrano fosse sorpreso dall’audacia di Dalila che taglia i capelli del vigoroso amante, ma che avrebbe molto apprezzato la grazia di alcune ballerine di Parigi: l’ennesima prova che anche l’attenzione di un re può essere rapita dal fascino di una donna di un’altra civiltà … o che una volta ancora, l’incantesimo dell’alchimia tra le anime prende pretesto dalla musica per legarsi, più intimamente, nel segreto dei cuori… e delle alcove!

Sisowath Ravivaddhana Monipong

Principe Sisowath Ravivaddhana Monipong di Cambogia

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