“Don Giovanni” de Mozart a Phnom Penh: la passion lyrique du prince Sisowath Ravivaddhana Monipong

Avec le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, Intermezzo a Phnom Penh.

Passionné d’opéra, cet italien d’adoption descend des deux grandes dynasties qui ont fait le royaume: il a lancé le tout premier festival d’art lyrique du pays, qui soutenait cette année les Cambodgiens victimes des conflits avec la Thailande voisine.

Ce jour-là, il parle d’une voix calme et distinguée, attentif aux lumières qui éclairent la scène du Théâtre Naba de Phnom Penh. D’ici peu, une centaine d’artistes venus du monde entiers le rejoindront pour la première répétition de Don Giovanni, qui se jouera à pendant deux dates, les 12 et 14 décembre. Le prince Sisowath Ravivaddhana imagine déjà le chef Jun Iisaka diriger les musiciens auxquels se joindront les talents de l’Orchestre des Jeunes d’Angkor. Il voit d’ici les étudiants en art et spectacle de l’Association Phare Ponleu Selpak donner vie au livret de Lorenzo da Ponte auprès du baryton Ciro Giordano Orsini, du ténor Enrico Terrone Guerra ou encore des sopranos Ai Iwasaki et Yasko Fujii, interprètes du prestigieux « opéra des opéras » composé par Mozart. « Don Giovanni est une œuvre qui compte beaucoup pour moi, précise le prince. C’est même celle qui m’a fait aimer l’art lyrique ».

La confidence nous ramène aux années 1990, durant lesquelles Ravivaddhana est étudiant en hypokhâgne, en région parisienne. Un soir, grâce à son professeur d’histoire, il assiste avec ses camarades de promotion à une représentation de ce chef-d’oeuvre absolu au théâtre national de l’opéra-comique. « La mise en scène était moderne, même osée pour l’époque. Mais la musique de Mozart m’a ensorcelé. J’en garde un souvenir de volupté intense. »

A cette époque, le fils du prince Sisowath Samyl Monipong – petit-fils du roi Sisowath Monivong, qui régna entre 1927 et 1941, et cousin germain du roi Norodom Sihanouk -, n’a qu’une ambition : voyager. S’il a grandi avec sa soeur cadette la princesse Ubbolvaddey, entre Paris et Ribeauvillé, «joli village sur la Route du vin, en Alsace», ses parents lui ont transmis à travers les saveurs et les musiques du quotidien leur amour du Cambodge, qu’ils ont quitté en 1971, alors qu’il n’avait pas un an. «Maman, la princesse Norodom Daravadey, trompait son mal du pays en nous racontant des anecdotes de la cour au temps des rois Sisowath, Monivong et Sihanouk. Papa partageait quant à lui ses souvenirs de l’Armée de l’Air cambodgienne pour laquelle il avait été pilote de chasse». Le jeune Ravivaddhana sait dès lors que «la vie entière n’a de sens que si le Cambodge en fait partie intégrante. Notre famille est destinée à servir nos concitoyens avec dévouement et respect. Quel que soit le métier que j’allais choisir la mère-patrie allait s’imposer comme une évidence dans mon parcours».

Installé en Italie après avoir débuté sa carrière professionnelle au développement commercial de grandes multinationales, Ravivaddhana devient très vite consultant pour les Nations Unies. En 2000, trois ans après avoir posé ses valises à Rome, une mission du Programme Alimentaire Mondial lui permet de renouer avec ses origines. « A Phnom Penh, le bureau du PAM se trouvait sur l’avenue où mes parents ont habité jusqu’à ma naissance. Leur magnifique maison en teck avait été démantelée après l’invasion vietnamienne de janvier 1979 pour servir de bois de chauffe ». Les retrouvailles avec sa cousine la princesse Rattana Devi, petite-fille du roi Sihanouk, ou encore avec la princesse Sisowath Pongneary, sœur du prince Samyl que tous surnomment affectueusement Lolotte, permettent cependant à Ravivaddhana de trouver peu à peu sa place dans ce décor.  En 2016, son cousin le roi Sihamoni le nomme ambassadeur du royaume avec rang de sous-secrétaire d’État. Il travaille dès lors à la promotion des échanges culturels entre l’Italie et le Cambodge. Collaborateur régulier de l’Opera International Magazine, Ravivaddhana a fini par quitter Rome pour sa province, « à Monterotondo. La vie y est plus tranquille et propice à la méditation ». Ses projets tournent désormais exclusivement autour de l’art lyrique. 

« Ma vocation théâtrale est née grâce au marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini,  musicologue que j’ai rencontré voici plus de quinze ans chez notre amie commune, feue la princesse Ira von Fürstenberg. Franco Zeffirelli avait été son mentor. Et j’ai commencé à l’assister dans la mise en scène de Tosca, de Puccini, pour l’Opéra d’Ankara, en 2010. » Le duo ambitionne de faire connaître l’opéra à l’italienne à l’étranger, notamment en Asie du Sud-Est. La Bohème, de Puccini, Lucia di Lammermoor, de Donizetti, et bien d’autres projets, aiguisant son sens de la narration musicale permettent à Ravivaddhana de monter plusieurs spectacles à Phnom Penh. Cavalleria Rusticana, Pagliacci, les créations se succèdent. Jusqu’à Madama Butterfly, « qui se joue il y a deux ans à guichet fermé. Pour ce spectacle, nous avons notamment fait appel à la styliste phnompenhoise Romyda Keth qui a su imaginer des costumes exceptionnels, essentiels au succès de l’opéra ».

Cette année, le prince a choisi s’attaquer à ce monument que représente pour lui Don Giovanni afin d’inaugurer le Festival international d’Opéra de Phnom Penh, créé avec l’équipe des débuts dans le but de démocratiser l’art lyrique au Cambodge. Et pour accompagner le 20è sommet de la Francophonie, qui sera accueilli l’an prochain par la capitale khmère, le Festival a d’ores et déjà programmé La Bohème, de Puccini, dont l’action se déroule au coeur du Paris romantique. En voyant arriver les premiers artistes sur la scène du Naba, Ravivaddhana sourit d’aise et se dirige vers eux pour les accueillir. D’ici peu, quelques accords de violons et autres vocalises s’élanceront dans l’air, trahissant parfois une impatience partagée, celle d’offrir à Phnom Penh un peu de magie.

Fanny Del Volta. 31 décembre 2025

Le marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini et le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong, 14 décembre 2025

Photo credits: Jérémie Montessuis et Victor Boissel

L’Envoûtante Interprétation de Roméo et Juliette par Vittorio Grigolo

Le Surintendant de l’Opéra de Rome, Francesco Giambrone nous a encore une fois littéralement enchantés en accueillant pour la première fois sur la scène du Costanzi un des plus grands chef-d’oeuvre de l’art lyrique “à la Française”: “Roméo et Juliette” de Charles Gounod. Sous la baguette du célèbre maestro Daniel Oren, le public romain a découvert la merveilleuse adaptation de l’histoire intemporelle des amants de Vérone, remaniée en 1867 avec une subtile précision par les deux librettistes de “Faust”, Jules Barbier et Michel Carré, qui ont mis en valeur les sentiments purs et intenses des deux protaganistes, reléguant sur un plan secondaire les autres personnages de la pièce de William Shakespeare. La passion de Gounod pour “Roméo et Juliette” remonte à ses jeunes années, quand il assista à l’âge de 21 ans aux répétitions de la symphonie dramatique éponyme de Hector Berlioz. Deux ans plus tard, alors qu’il goûte le succès de son Prix de Rome à la Villa Médicis, il commence à travailler sur le livret de Vincenzo Bellini de “I Capuleti e i Montecchi”. C’est la traduction de François-Victor Hugo, un des fils du grand Victor Hugo que choisissent Barbier et Carré pour extraire une douzaine de scènes significatives avec l’accord de Gounod qui écrira une grande part de son opéra au bord de la Méditerranée à Saint-Raphaël où il retrouve la juste inspiration pour se plonger dans la passion toute italienne d’un Roméo tourmenté et amoureux. A noter que le fameux ”Je veux vivre” de Juliette fut ajouté quelques semaines seulement avant la Première, probablement pour satisfaire le caprice de Caroline Miolan-Carvalho, fameuse soprano colorature … et surtout épouse du baryton Léon Carvalho, directeur du Théâtre-Lyrique (Théâtre du Chatelet) depuis 1856. C’est aussi Carvalho qui demanda l’ajout du cortège nuptiale au quatrième acte pour une question selon lui “d’effet dramatique”. Le succès fut immédiat et retentissant …et ne fut jamais démenti. L’opéra fut repris maintes fois, notamment à l’Opéra-Comique en 1873 avec des modifications apportées par Georges Bizet et la version finale, avec ballet, en 1888 par Gounod lui-même au Palais Garnier. A chaque fois, le public est au rendez-vous et plébiscite chaque nouvelle version avec chaleur et enthousiasme.

Roméo et Juliette – Nino Machaidze (Juliette)_ph Fabrizio Sansoni-Teatro dell’Opera di Roma

Presque 159 ans jour pour jour après sa création à Paris le 27 avril 1867, l’Opéra de Rome nous offre Sa Première de “Roméo et Juliette” le 28 avril 2026. Là encore, c’est un défi réussi avec une orchestration à l’italienne du maestro Oren qui choisit de donner une intensité lyrique plus ample encore avec une alternance de ralentissements gracieux et de fougueuses accélérations au gré de l’intrigue qui se déroule avec souplesse et délicatesse dans une mise en scène en noir et blanc de Luca De Fusco où seuls Roméo et Juliette ont droit à des costumes colorés, créés par Marta Criosolini Malatesta, auteure également des décors. Lumières de Gigi Saccomandi et projections vidéo de Alessandro Papa. Chorégraphe Alessandra Panzavolta. Le choeur de l’Opéra de Rome nous surprend avec plaisir par son adaptabilité au lyrisme français sous la direction appliquée et méthodique  du maestro Ciro Visco.  

Roméo et Juliette – Vittorio Grigolo (Roméo), Nino Machaidze(Juliette)_ph Fabrizio Sansoni-Teatro dell’Opera di Roma

Sans surprise, le Diamant incontesté de cette version romaine est le sémillant ténor Vittorio Grigolo. Dans un Français impeccable, qu’il doit à ses années d’enfance et de jeunesse passées à l’Institut Saint Dominique de Rome et grâce à sa présence scénique, magnétique et envoûtante, il nous entraîne à sa suite dans une interprétation tumultueuse d’un Roméo en proie aux élans impétueux de la fleur de sa jeunesse et quand il entonne “Ah, lève-toi Soleil”, chaque spectateur présent a ressenti la chaleur de l’astre céleste remplir de son aura la salle toute entière. Grigolo nous a régalés avec son Roméo fragile dans son innocence et jusqu’à la fin tragique, il a su nous émouvoir sans faillir un seul instant. Nino Machaidze dans le rôle de Juliette a donné le meilleur de son art après l’entracte mais son “Je veux vivre” a rendu avec modération et un peu trop de retenue la fraîcheur de l’âme et la virtuosité requise pour cette valse qui reste un des airs les plus attendus du grand public. A noter une prestation remarquable du mezzo-soprano Aya Wakizono, qui a personnalisé avec un charme tout oriental la romance de Stéphano “Que fais-tu, blanche touterelle” où son ardente expressivité et son indolente nonchalance ont incontestablement conquis le public. Encore une soirée d’exception en hommage au génie de Charles Gounod qui a tant aimé Rome!

Avec le Ténor Vittorio Grigolo à l’issue de la Première de “Roméo et Juliette” de Chales Gounod, Rome le 28 avril 2026
Avec le Surintendant Francesco Giambrone à la Première de “Roméo et Juliette” de Chales Gounod, Rome le 28 avril 2026
Avec le marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini à la Première de “Roméo et Juliette” de Chales Gounod, Rome le 28 avril 2026
“Tanti Vip per Romeo e Giulietta” un articolo di Lucilla Quaglia ne “Il Messaggero” del 29 aprile 2026

Danse et musique : La magie d’Angelin Preljocaj à l’Opéra de Rome

Le 14 avril 2026 a eu lieu au Teatro Nazionale de l’Opéra de Rome la première d’un spectacle original dédié complètement au chorégraphe Angelin Preljocaj,judicieusement rappelé par la directrice de la danse et étoile de l’Opéra de Paris, Eleonora Abbagnato pour accompagner le corps de ballet romain dans une nouvelle aventure. “Annonciation”, “La Stravaganza” et “Noces”, sont les trois pièces magistrales qui sont proposées au cours de cette soirée d’exception, où les compositions d’Antonio Vivaldi et d’Igor Stravinskij côtoient celles de Stéphane Roy, Robert Normandeau ou encore Evelyn Ficarra et Åke Parmerud. La solide amitié de plusieurs décennies qui lie Preljocaj à Eleonora Abbagnato se reflète également dans l’harmonie de leur collaboration artistique, motivant les danseurs de l’Opéra de Rome à se dépasser encore davantage dans une recherche esthétique sophistiquée et sobre à la fois, toujours unique car signée Preljocaj !

Serata Preljocaj – Annonciation 1° cast, L’Archange (Annalisa Cianci), Marie (Marta Marigiliani)_ ph Fabrizio Sansoni – Opera di Roma

“Annonciation” est confiée ce soir-là à la soliste Marta Marigliani dans le rôle de la jeune Vierge Marie et Annalisa Cianci dans celui de l’Archange Gabriel, qui dans ce cas deviendra Gabrielle avec deux “l”! L’osmose cathartique entre les deux danseuses est palpable tout au long de la pièce, chacune à sa manière. Marigliani propose une interprétation d’une Marie juvénile, en proie aux doutes de ce destin singulier qui la mènera à devenir la mère terrestre du Verbe Incarné. Cianci est plus technique dans son expression dansée, avec un respect scrupuleux de la succession de mouvements élégants et autoritaires dont la beauté et la grâce ne sont pas sans rappeler les attitudes des sujets des grands peintres et sculpteurs de la Renaissance italienne. Les deux jeunes femmes se retrouvent dans une subtile complicité, toute féminine qui réhausse la douceur et la fragilité de la pureté virginale de Marie.

Serata Preljocaj – La Stravaganza (Susanna Salvi e Michele Satriano)_ph Fabrizio Sansoni – Opera di Roma

“La Stravaganza” nous arrive après un bref changement de scène dans un tourbillon intense de sensualité lascive de corps enchevêtrés dans une sarabande humaine, jouissive et chaste à la fois. Puis les figures du sublime “Pas de deux” avec le toujours merveilleux Michele Satriano qui embrase la scène de sa virilité extatique et sa passion contagieuse, alors que sa compagne, l’étoile Susanna Salvi nous régale une fois de plus de la perfection de son art dans une spirale ascendante de virtuosité. Mention spéciale pour Gabriele Consoli, Giacomo Castellana, Claudio Cocino et Walter Maimone qui tirent leur épingle du jeu grâce à une technique parfaite et une maîtrise irréprochable du rythme et de la chorégraphie.

Serata Preljocaj – Noces_ph Fabrizio Sansoni – Opera di Roma

Pour finir, le rideau s’ouvre pour la troisième fois sur “Noces” où cinq couples de danseurs et danseuses nous font vivre au son de la composition célèbre d’Igor Stravinskij les vicissitudes de la conjugalité et des aléas de la vie de couple, non sans humour. On retrouve chez les dames avec grand plaisir Marta Marigliani et Annalisa Cianci mais également la fabuleuse Virginia Giovanetti qui offre au public un mélange rare de fragilité feinte et de contrôle parfait de ses capacités de danser dans l’esprit Preljocaj. “Last but not least”, qu’il nous soit permis de rendre hommage ici à la performance incroyable du jeune Valerio Marisca, qui alterne avec brio et une célérité toute calculée, charme, force et désinvolture apparente tout en rendant avec dextérité la complexité de cette succession sublimement rapide et osée de gestes et mouvements du corps, des bras et de la tête, qui mérite d’être saluée ici avec respect et espoir pour un futur brillant de grand danseur.  

Valerio Marisca et Virginia Giovanetti
Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong et Valerio Marisca
Autour de l’immense Angelin Preljocaj, le maire-adjoint de Rome, Silvia Scozzese et sa fille Sarah, le prince Sisowath Ravivaddhana Monipong et le marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini
“Se la danza scopre l’elettronica” un articolo di Lucilla Quaglia ne “Il Messaggero” della domenica 19 aprile 2026

L’Art de la Danse: Neumeier, Godani, et Millepied à l’Opéra de Rome

17 mars 2026: l’Opéra de Rome célèbre l’Unité italienne avec le corps de ballet et ses premiers danseurs qui ont offert au public de la Ville Eternelle un magnifique spectacle, empli de poésie et de sensualité dans ce Triptyque imaginé par la directrice de la danse, Eleonora Abbagnato, qui après avoir enchanté Paris pendant de nombreuses années, est revenue dans la capitale italienne, à la tête de la prestigieuse institution. John Neumeier, Jacopo Godani et Benjamin Millepied ont naturellement donné leurs patronymes à cette soirée de grande classe avec leurs créations chorégraphiques contemporaines qui ont trouvé une place de choix dans le coeur des spectateurs.

Spring & Fall by John Neumeier

Le rideau s’ouvre sur “Spring and Fall”, Printemps et Automne de Neumeier, sur une musique de Antonín Dvořăk, une chorégraphie inspirée d’un poème du Jésuite Gerard Maley Hopkins qui s’adresse à un enfant pour lui expliquer en quelques vers choisis le parcours de la vie, passant du réveil des sens à l’endormissement progressif conduisant au trépas, issue heureuse d’une existence accomplie.

Susanna Salvi & Gabriele Consoli

Une poésie que Neumeier décide de mettre en pas de danse en 1991 à Hambourg sur les notes les plus célèbres de Dvořăk interprétées avec grâce et volupté par la danseuse étoile, Susanna Salvi qui nous emporte dans un tourbillon étourdissant de pirouettes et volutes diaphanes, rehaussé par la prestation excellente du Premier Danseur Michele Satriano, viril et délicat tout en nuances, de Giacomo Castellana, intense dans son expressivité sensuelle ainsi que la fougue de la jeunesse enflammée de Gabriele Consoli.

Giacomo Castellana

La cohésion sans faille des meilleurs éléments du corps de ballet de l’Opéra de Rome, qui ondulent gracieusement en alternant force énergique et tranquillité dans une symbiose parfaite entre classicisme et recherche de la perfection harmonieuse des mouvements, caractéristiques majeures de John Neumeier, qui à 87 ans reste et demeure une référence absolue de la créativité chorégraphique contemporaine.  

Michele Satriano

Le deuxième moment de ce Tryptique retentit d’une force incroyable pour plusieurs raisons: Jacopo Godani, après une époustouflante carrière internationale, a complété à Rome son travail intitulé “Echoes from a resless soul” – Echos de la part d’une âme agitée – en y ajoutant pour la première fois, Scarbo, la troisième et dernière partie du poème mystique de Maurice Ravel “Gaspard de la nuit”, la célèbre composition inspirée des poèmes d’Aloysius Bertrand. Un peu comme James Whistler a mis les nocturnes de Chopin en peinture, Ravel a composé son Gaspard de la nuit en suivant les méandres tortueuses des récits mystiques et mélancoliques que sont Ondine, le Gibet et Scarbo.

Echoes from a restless soul by Jacopo Godani

L’obscurité de la nuit proposée par le célèbre père du Boléro est traduite ici par une quête complexe de la pluralité de la lumière comme antithèse à l’obscurité à travers des pas de danse exprimés avec un grand sens du mystère et de l’interprétation symbolique. Ondine prend ici les visages de deux “Apsara” occidentales, Federica Maine et Virginia Giovanetti qui personnifient sublimement la séduction de nymphes aquatiques envers deux splendides êtres humains qui succombent sans résistance: Michele Satriano, toujours aussi magnifiquement expressif et esthétiquement accompli, et Jacopo Giarda dont la puissance animale exhale son authenticité à travers des arabesques finissant toujours avec une tendresse infinie.

Virginia Giovanetti & Jacopo Giarda

A noter la beauté et la synchronisation des harmonies d’ensemble qui donnent corps à la musique provenant des mains magiques de Massimo Spada au piano. L’apothéose qui culmine dans Scarbo après la montée graduelle des impressions du soleil couchant du Gibet est rendue avec brio dans l’adéquation parfaitement équilibrée entre la musique, la danse et la lumière.

Michele Satriano & Federica Maine

Troisième temps de ce Tryptique, “I feel the earth move”, une chorégraphie sensible et exaltée de Benjamin Millepied, qui nous propose un instant de vitalité en mouvement, de sublimation de la femme qui représente ici le moteur du bonheur de la vie. La musique de Philip Glass est un prétexte à un kaléidoscope de mouvements chamarrés qui nous entraîne à sa suite dans une spirale ascendante pour affirmer la positivité de la danse après la poésie lumineuse de Dvořăk et l’obscurité mystique de Ravel. Une mention spéciale pour Giacomo Castellana (encore une fois!) et Beatrice Foddi qui ont donné une puissance expressive exceptionnelle à leur couple artistique.

Giacomo Castellana & Beatrice Foddi

Après une “Bayadère” enchanteresse en février, le Surintendant Francesco Giambrone a de nouveau fait mouche: confirmer l’Opéra de Rome en tant que temple sacré de la beauté absolue des arts de la scène.

Photo credits: Fabrizio Sansoni pour l’Opéra de Rome

Dottore Cosimo Manicone, Principe Sisowath Ravivaddhana Monipong & Marchese Vincenzo Grisostomi Travaglini

4th January 2026: Royal Audience with King Norodom Sihamoni

On Sunday 4th January 2026, in Phnom Penh, His Majesty Preah Karuna Preah Bat Samdech Preah Boromneath King Norodom Sihamoni granted me and Marquess Vincenzo Grisostomi Travaglini the honour of a Royal Audience in Khemarin Palace at 10.00 a.m.

10 e 12 Luglio 2025: “Rigoletto” di Giuseppe Verdi : una sfida di prestigio per la comunità di Noicàttaro superata con brio e allegria, grazie all’iniziativa vincente del Dottore Giovanni Pagliarulo, alleando l’eleganza della direzione del maestro Boian Videnoff alla sontuosa regia di Vincenzo Grisostomi Travaglini

RIGOLETTO

                                  di Giuseppe Verdi

Direttore: M° Boian Videnoff

Orchestra Sinfonica Metropolitana di Bari

Regia: Vincenzo Grisostomi Travaglini

Direzione artistica: M° Giovanni Rinaldi

Drammaturgia: Sisowath Ravivaddhana Monipong

Scenografia: Stefano Merlo

Costumi: Angela Gassi

Disegno Luci: Vincenzo Grisostomi Travaglini

Balletto: Danza dei Venti

Cast:

Il Duca (tenore)                                       Giulio Pelligra

Rigoletto (baritono)                                Marcello Rosiello

Gilda (soprano)                                        Claudia Urru

Sparafucile (basso)                                  Luciano Montanaro

Maddalena (contralto)                            Tina D’Alessandro

Giovanna Nical Didonna

Monterone (baritono)                             Antonio Musera

Marullo (baritono)                                  Mario Patella

Borsa (tenore)                                         Giuseppe Settanni

Conte di Ceprano (basso)                       Cataldo Cannillo

Contessa di Ceprano (mezzosoprano)   Elena Sciancalepore

Un usciere di corte (basso)                     Angelo Spagnuolo

Un paggio (mezzosoprano)                   Caterina Giardinelli

Coro San Agostino – Noicàttaro

Maestro del Coro                           Maria Dipinto

Aiuto scenografo                            Silvia Giancane

Direttore degli allestimenti           Damiano Pastoressa

Resp. della costruzione                 Damiano Pastoressa

Audio                                              Leoma Service

Luci                                                Service Snc

Maestro collaboratore                  Barbara Rinero, Marco Mancini

Direttore del palcoscenico            Rossella Perrone

Strutture                                         Plus Service

Aiuto Sartoria                                 Angela Di Bari

Sarte Collaboratrici                        Federica Groia, Maria Giovanna Stallo

Trucco e parrucco Giusy Laghetti e Isabella Merolla

Ogni incontro è un’occasione irripetibile
Eventuali difficoltà, nient’altro che occasioni per maturare ed essere stimolati a dare il meglio. Una produzione, ancor più impegnativa come questo “Rigoletto”, si affronta e risolve grazie all’impegno e alla professionalità, alla generosità che si trasfigura in arte. Un vero miracolo, dal niente agli splendori della ribalta, in scena e in quel mondo di creatività che ci supporta dalle quinte e oltre. Nella lucentezza degli occhi di ognuno, nella soddisfazione del proprio operato e risultato fecondo, nel gradimento del pubblico, la nostra soddisfazione; per il risultato ottenuto il nostro sentito ringraziamento.
Vorremo fare il nome di tutti, ciascuno protagonista nella globalità dei nostri pensieri.
Siamo riconoscenti per l’opportunità e fiducia concessami dal dottor Giovanni Pagliarulo e dagli amici della grande Famiglia di Noicattaro-Lirica, al maestro Boian Videnoff, alla compagnia, ai collaboratori, ai tecnici, nell’ampio abbraccio di stima ed affetto.
Vincenzo e Ravi

“J’ai deux amours” Point de Vue n°3936, 24 janvier 2024

“Brève” dans la rubrique “Quelle Semaine” de l’hebdomadaire “Point de Vue” n°3936, 24 janvier 2024, sous la plume de Fanny Del Volta.

“J’ai deux amours”

“Au théâtre Koh Pich de Phnom Penh, les danseuses du Ballet Royal du Cambodge ont fait parties du prestigieux casting de Madama Butterfly, d’après l’oeuvre de Puccini. Le prince Ravivaddhana Sisowath, co-metteur en scène de la pièce avec le marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini, a souhaité ainsi rendre hommage à son pays et à l’opéra, sa passion depuis toujours.”

10th December 2023: Royal Audience granted by His Majesty King Norodom Sihamoni of Cambodia and Her Majesty Queen-Mother Norodom Monineath Sihanouk to Marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini and His Highness Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong

On Sunday 10th December 2023, in Phnom Penh,  His Majesty Preah Karuna Preah Bat Samdech Preah Boromneath King Norodom Sihamoni  and Her Majesty Queen-Mother Norodom Monineath Sihanouk granted me and Marquis Vincenzo Grisostomi Travaglini the honour of a Royal Audience in Khemarin Palace at 10.00 a.m.

4 Agosto 2023: Lettera di apprezzamento di Sua Eccellenza Paolo Dionisi, Ambasciatore d’Italia presso il Regno di Cambogia

4th August 2023: Letter of appreciation of His Excellency Paolo Dionisi, Ambassador of Italy to the Kingdom of Cambodia

Unofficial translation:

Your Highness,

as the Ambassador of Italy to the Kingdom of Cambodia, the Kingdom of Thailand and the Lao People’s Democratic Republic, I wish to express to you my highest consideration for your commitment to the many cultural initiatives you have undertaken, in affinity with Maestro Vincenzo Grisostomi Travaglini.
The echoes of Your recent successes in the Philippines have reached here and I truly hope that also in our three countries of accreditation, Italian Opera can be represented at its best, for the benefit of an increasingly attentive and passionate local audience.
Especially, I am glad to know that you are working on an initiative to plan a new production of “Madama Butterfly” in Phnom Penh, which I hope you will be able to realize soon. It would also be a good starting point as part of the celebrations of the Centenary of the passing of Giacomo Puccini, a highly regarded composer in Asia, which will occur in 2024.
With the most fervent wish that your projects may develop with ever greater significance, in a close relationship of cultural interchange with the Kingdom of Cambodia, your native land, and with the other two countries of accreditation, please accept, Your Highness, the expression of my highest consideration.

Paolo Dionisi

To His Highness Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong