L’Art de la Danse: Neumeier, Godani, et Millepied à l’Opéra de Rome

17 mars 2026: l’Opéra de Rome célèbre l’Unité italienne avec le corps de ballet et ses premiers danseurs qui ont offert au public de la Ville Eternelle un magnifique spectacle, empli de poésie et de sensualité dans ce Triptyque imaginé par la directrice de la danse, Eleonora Abbagnato, qui après avoir enchanté Paris pendant de nombreuses années, est revenue dans la capitale italienne, à la tête de la prestigieuse institution. John Neumeier, Jacopo Godani et Benjamin Millepied ont naturellement donné leurs patronymes à cette soirée de grande classe avec leurs créations chorégraphiques contemporaines qui ont trouvé une place de choix dans le coeur des spectateurs.

Spring & Fall by John Neumeier

Le rideau s’ouvre sur “Spring and Fall”, Printemps et Automne de Neumeier, sur une musique de Antonín Dvořăk, une chorégraphie inspirée d’un poème du Jésuite Gerard Maley Hopkins qui s’adresse à un enfant pour lui expliquer en quelques vers choisis le parcours de la vie, passant du réveil des sens à l’endormissement progressif conduisant au trépas, issue heureuse d’une existence accomplie.

Susanna Salvi & Gabriele Consoli

Une poésie que Neumeier décide de mettre en pas de danse en 1991 à Hambourg sur les notes les plus célèbres de Dvořăk interprétées avec grâce et volupté par la danseuse étoile, Susanna Salvi qui nous emporte dans un tourbillon étourdissant de pirouettes et volutes diaphanes, rehaussé par la prestation excellente du Premier Danseur Michele Satriano, viril et délicat tout en nuances, de Giacomo Castellana, intense dans son expressivité sensuelle ainsi que la fougue de la jeunesse enflammée de Gabriele Consoli.

Giacomo Castellana

La cohésion sans faille des meilleurs éléments du corps de ballet de l’Opéra de Rome, qui ondulent gracieusement en alternant force énergique et tranquillité dans une symbiose parfaite entre classicisme et recherche de la perfection harmonieuse des mouvements, caractéristiques majeures de John Neumeier, qui à 87 ans reste et demeure une référence absolue de la créativité chorégraphique contemporaine.  

Michele Satriano

Le deuxième moment de ce Tryptique retentit d’une force incroyable pour plusieurs raisons: Jacopo Godani, après une époustouflante carrière internationale, a complété à Rome son travail intitulé “Echoes from a resless soul” – Echos de la part d’une âme agitée – en y ajoutant pour la première fois, Scarbo, la troisième et dernière partie du poème mystique de Maurice Ravel “Gaspard de la nuit”, la célèbre composition inspirée des poèmes d’Aloysius Bertrand. Un peu comme James Whistler a mis les nocturnes de Chopin en peinture, Ravel a composé son Gaspard de la nuit en suivant les méandres tortueuses des récits mystiques et mélancoliques que sont Ondine, le Gibet et Scarbo.

Echoes from a restless soul by Jacopo Godani

L’obscurité de la nuit proposée par le célèbre père du Boléro est traduite ici par une quête complexe de la pluralité de la lumière comme antithèse à l’obscurité à travers des pas de danse exprimés avec un grand sens du mystère et de l’interprétation symbolique. Ondine prend ici les visages de deux “Apsara” occidentales, Federica Maine et Virginia Giovanetti qui personnifient sublimement la séduction de nymphes aquatiques envers deux splendides êtres humains qui succombent sans résistance: Michele Satriano, toujours aussi magnifiquement expressif et esthétiquement accompli, et Jacopo Giarda dont la puissance animale exhale son authenticité à travers des arabesques finissant toujours avec une tendresse infinie.

Virginia Giovanetti & Jacopo Giarda

A noter la beauté et la synchronisation des harmonies d’ensemble qui donnent corps à la musique provenant des mains magiques de Massimo Spada au piano. L’apothéose qui culmine dans Scarbo après la montée graduelle des impressions du soleil couchant du Gibet est rendue avec brio dans l’adéquation parfaitement équilibrée entre la musique, la danse et la lumière.

Michele Satriano & Federica Maine

Troisième temps de ce Tryptique, “I feel the earth move”, une chorégraphie sensible et exaltée de Benjamin Millepied, qui nous propose un instant de vitalité en mouvement, de sublimation de la femme qui représente ici le moteur du bonheur de la vie. La musique de Philip Glass est un prétexte à un kaléidoscope de mouvements chamarrés qui nous entraîne à sa suite dans une spirale ascendante pour affirmer la positivité de la danse après la poésie lumineuse de Dvořăk et l’obscurité mystique de Ravel. Une mention spéciale pour Giacomo Castellana (encore une fois!) et Beatrice Foddi qui ont donné une puissance expressive exceptionnelle à leur couple artistique.

Giacomo Castellana & Beatrice Foddi

Après une “Bayadère” enchanteresse en février, le Surintendant Francesco Giambrone a de nouveau fait mouche: confirmer l’Opéra de Rome en tant que temple sacré de la beauté absolue des arts de la scène.

Photo credits: Fabrizio Sansoni pour l’Opéra de Rome

Dottore Cosimo Manicone, Principe Sisowath Ravivaddhana Monipong & Marchese Vincenzo Grisostomi Travaglini

Portrait: Le Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong

Article de Monsieur Christophe Vachaudez paru dans le numéro de Mai 2017 du magazine belge “L’Eventail”

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Olivier Michon reçoit la médaille de Chevalier des Arts et Lettres des mains de Muriel Mayette-Holtz, Directrice de l’Académie de France à Rome

Il était une fois un Amoureux des Arts qui se passionne pour l’Académie de France à Rome. Des années auparavant, il avait rencontré une jolie jeune fille à la Trinité des Monts, Edwige, qui allait devenir son épouse et lui donner trois beaux garçons. Grâce à elle, il devient viticulteur dans le Médoc au merveilleux domaine de Château Livran, et de l’union de ses passions va naître une collaboration extraordinaire avec la prestigieuse institution qu’héberge la Villa Médicis à Rome.

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Olivier Michon et son épouse, Edwige Lurton-Michon

Olivier Michon, va ainsi accompagner pendant de nombreuses années et jusqu’à aujourd’hui encore, expositions, concerts, initiatives et manifestations littéraires, toutes liés à la propagation de la fine fleur de la culture française.

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Olivier Michon, entouré de son épouse Edwige Lurton-Michon, de Muriel Mayette-Holtz, Directrice de l’Académie de France à Rome et de Michelina Terreri

C’est Muriel Mayette-Holtz, l’actuelle Directrice de l’Académie de France qui va reconnaître en lui un mécène aussi discret qu’exceptionnel et lundi 27 juin 2016 à 19h30, en présence de son épouse Edwige et de quelques invités très intimes du couple, elle lui remet avec des paroles qui lui viennent du coeur la médaille de Chevalier des Arts et Lettres en témoignage de la gratitude de la France pour le soutien et l’attention de tous les instants qu’Olivier a toujours eus pour les activités de la Villa Médicis.

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Olivier Michon, entouré de Madame Michelina Terreri et du Prince Sisowath Ravivaddhana Monipong

Je suis fier d’être son ami, sa “tête chercheuse”, comme il aime à me présenter, depuis les quelques quinze années d’une amitié jamais démentie.

Un grand merci au Maestro Vincenzo Grisostomi Travaglini pour les jolies photos !

 

PS: En prime une autre facette d’Olivier Michon: la Cuisine !!!